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Le Projet
Le Skipper Le bateau
BONNE ANNEE 2009
 
Le compte à rebours va se mettre en place...

Mercredi 1er Octobre 2008

Cela fait maintenant plus d'un an que je partais en direction du Brésil avec mon fidèle Rackham Le Rouge, que de souvenirs...

Depuis ce retour au pays, deux projets étaient en constante agitation dans ma tête : La mise en place d'un projet Class 40 avec comme objectif La route du rhum et la mise en place d'une école de voile au Tréport. Deux gros projets...

Les deux se sont préparés et c'est avec l'école de voile qu'on va repartir sur l'eau avec notre fidèle partenaire : Le Tréport !

Le compte à rebours officiel va bientôt démarrer !

Deux programmes : voile légère et habitable

Tenez vous prêt !!!

David

AFFILIE A LA F.F.VOILE !

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer l'affiliation du club à la Fédération Française de Voile.

Vous pouvez désormais prendre votre licence fédérale chez nous depuis le 1er juillet.

La lenteur administrative ne nous permet pas de vous proposer de la voile au Tréport cet été mais on prépare la rentrée !

Le nouveau site devrait bientôt voir le jour.

A Bientôt

Une première dans le bassin de commerce !

Malgré le temps un peu capricieux, les Optimists, 420 et le Trimaran Weta ont fait une centaine d'heureux, de 3 à 80 ans. David sur la sécu avec les Optis aidé de François en "skipper accompagnateur junior", Thomas et Marc en capitaine de 420 et Eric sur son Weta ont vraiment bien assurés. Pierre à la gestion des arrivés et des départs.

Marie notre présidente et Nat étaient à terre pour les ateliers animations et la sensibilisation sur les déchets en mer.

Bravo également à notre "transporteur" Vincent qui aux commandes de son vito à assuré la logistique faute de naviguer...Attention à ton dos...

Bravo à toutes les assos qui se sont greffées à cette fête, c'est le début d'une belle collaboration, merci aux autorités portuaires pour avoir eu le droit d'évoluer dans ce bassin de commerce.

 

Fête du Nautisme le 17et 18 mai !

Vous êtes tous invité sur notre stand ce w.e au bassin de commerce du Tréport de 10h à 18h.

Découverte en dériveur, régate de modèles réduits, puces nautiques, jeux et animations pour les petits et pour les grands, démonstrations de la snsm avec hélitreuillage, visite du bateau pilote et du bateau snsm, concert le samedi soir.

Venez également  signer la charte Echo-Mer et contribuez ainsi à la protection de l'environnement.

Venez nombreux !

Naissance des nouveaux projets !

Jeudi 10 avril 2008

L'année 2008 va être riche en matière de projets et de changements...

L'association "Sensation 6.50" qui soutient David depuis le début a décidé d'élargir ses compétences, il a fallu changer les statuts, on en a profité pour changer de nom et de logo !

C'est désormais "Sensation Large" affilié à la Fédération Française de Voile qui va prendre le relais avec des objectifs différents : proposer de l'enseignement sur la Ville du Tréport, continuer à faire partager la course au large de 7 à 77 ans(et plus).

Pour les projets de course, David a préféré mettre en place une nouvelle structure consacré essentiellement à la gestion du projet course avec deux objectifs : La Transat Jacque Vabre 2009 et la Route du Rhum 2010 en Class40.

Je vous annonce également que notre fidèle Rackham Le Rouge a changé de capitaine, c'est Olivier Lardeur, un skipper qui a déjà quelques milles dans les bottes, il avait rencontré David et Rackham Le Rouge sur la Transgascogne 2007, course désormais historique avec ce gros coup de vent pris dans la figure, David avait terminé 4ème de la première étape, heureux mais plus de voile pour la seconde étape ...

A très bientôt

                                                   Toute l'équipe de "Sensation Large"

BONNE ANNEE 2008

Pour commencer l'année, vous pouvez visionnez la vidéo tournée à bord en cliquant sur le lien suivant : http://www.dailymotion.com/rack984/video/x3usqi_transat-650-le-treport-2007_extreme

A Bientôt

David Le Carrou

Retour au Tréport pour Rackham Le Rouge

Lundi 17 décembre 2007

Après avoir parcouru l'Atlantique en marche arrière (regardez bien la photo)à 20 noeuds de moyenne, Rackham Le Rouge est arrivé le 10 décembre à Lorient après s'être mis à l'abri de la tempête derrière Belle île pendant 24 h...

C'est dans la nuit de jeudi à vendredi qu'il a terminé son voyage retour en prenant l'autoroute...dans le bon sens cette fois-ci !

L'heure est à la préparation des projets 2008, beaucoup de paperasse en cette fin d'année mais on vous réserve des surprises !

Samedi 15 décembre, j'ai rencontré les élèves de LDM avec leurs parents, la vidéo enfin terminé a ravi tout le monde, vidéo que l'on mettra en ligne bientôt.

A bientôt

David

Dernière journée au Brésil...

Ca y est, le bateau est sur son ber prêt à embarqué avec ses petits copains, hier c'était le montage du ber sous hangar dans une chaleur assez décourageante et aujourdh'ui c'était la sortie d'eau. Ambiance Brésilienne avec des méthodes "Africaines" pour le grutage...

Le village Transat 6.50 s'est transformé en village Transat Jacques Vabre depuis lundi, j'ai pu accueillir les 5 multicoques arrivés, j'aimerai bien pouvoir accueillir les monocoques 60 et les 40 mais il faudrait ralonger le séjour d'une dizaine de jours...

C'est très sympa de pouvoir discuter avec eu et d'échanger nos sensations dans une ambiance assez détendue, la plupart d'entre eux sont d'ailleurs d'ancien Ministes.

Bon c'est fini ... demain c'est le grand saut en avion pour retrouver les températures Françaises mais j'espère vous ramener un peu de soleil !

A très bientôt

David

Bientôt le retour...

Mercredi 7 Novembre- 14h47 au Brésil

La dernière cérémonie officielle va être donnée ce soir, jusqu'à présent il faut dire que l'on est bien gâté, entre les sorties sur les îles  paradisiaques, les soirées spectacles où l'on découvre la fameuse danse Capoera et les sorties en mer à bord des Savéros bateaux du Brésil où la Caïpirena et la musique Brésilienne prennent place...C'est une belle récompense...

Côté boulot Rackam Le Rouge est en cours de démontage pour une sortie d'eau le 15 novembre, cette fois-ci notre cher partenaire Sommalev ne pourra pas s'occuper de la manoeuvre... Il reprendra lui la mer sur le pont d'un cargo avec ses petits copains pour 12 jours de mer avec une arrivée prévue à Lorient entre le 10 et le 15 décembre.

Moi je prendrai la route retour le 17 par les airs pour une arrivée prévu 15 heures après...Il y a effectivement des transports plus rapide que le Mini !

Je vais peut-être accueillir les premiers de la Transat Jacques Vabre, histoire de me donner des idées...

Dès mon retour, je vous prépare une vidéo pour vous faire partager cette aventure et vous en préparer une autre !

A très bientôt

David

Ca, c'est fait !

Quel bonheur de vivre ces moments intenses d'arrivèe, je peux vous dire que ce moment était attendu...C'est une grosse grosse aventure que j'ai vécu là, difficile pour le moment à d'écrire.

Je peux vous dire en tous cas que Rackham Le Rouge et moi, on a "vécu"un truc.

Les trois derniers jours ont été usant moralement avec un spi qui ne veut pas descendre et une mer qui stop une envie de monter au mât pour donner le coup de couteau nécessaire, mon code5 était un peu petit pour les petits airs des dernières 24h qui mónt coûté pas moi de 3 places  durement achetées les jours d'avant, mais c'est comme ça !

Plein d'échange de bonheur entre tous ces premières heures passées à terre...

Des sourires et des yeux qui pétillent sur tous les visages ! Une premières nuit Brésilienne bien rythmée...

Aujourdh'ui, c'est grand nettoyage, je vais commencer à réaliser petit à petit...

Qu'est ce que c'est bon !

29 octobre 2007 – Retour à la vie terrestre

Bonsoir,

 

 

Après 23 jours et presque 4 heures de mer depuis Madère, Ville du Tréport est enfin amarré ce soir au terminal nautico de Bahia, parmi les 62 mini (protos et série confondus) qui se sont succédés ces deniers jours sous le soleil brésilien. L’accueil traditionnel, avec caïpirinha et … baignade s’est répété 13 fois aujourd’hui, avec l’arrivée de 10 bateaux de série et de 3 protos.

 

David, qui termine cette étape en 24ème position, se classe donc 23ème des bateaux de série au classement général cumulé des deux étapes, pour un temps total de traversée de 30 jours 16 heures et 8 minutes à la vitesse moyenne de 5,71 nœuds (calculée sur la distance orthodromique entre La Rochelle et Bahia, soit 4 200 milles). Compte tenu du fait que la route réelle est supérieure à la route directe théorique, et que la traversée du pot au noir à été difficile (nombre de skippers ont trouvé le franchissement de la ZCIT particulièrement compliqué cette année), la vitesse de Rackham le rouge doit plutôt se situer autour de 6,5 nœuds : pas mal pour un bateau de série de 6,50 mètres !

 

La fin de course a été laborieuse, le vent étant totalement tombé dans la matinée sur la baie de tous les Saints. Dans ces conditions, le temps semble forcément très long, scotché à quelques encablures de la ligne … mais permet aussi de reprendre doucement contact avec les réalités terriennes. Après 23 jours de solitude, le contraste est saisissant entre l’immensité de l’océan Atlantique et les buildings de Bahia (ou plus exactement Salvador de Bahia), agglomération de plus de 3 200 000 habitants …

 

Cette ville, fondée en 1549, s’est d’abord développée autour de la culture de la canne à sucre. Située à l’entrée d’une vaste baie abritée découverte en 1502 par Amerigo Vespucci, « bahia de os Santos » (la baie de tous les Saints),  son port devient rapidement lieu de transit des esclaves venus d’Afrique, ce qui lui vaut le surnom de « Bahia la noire ».

Salvador de Bahia a été la toute première capitale royale du Brésil, jusqu’en 1763 et le transfert du pouvoir administratif à Rio de Janeiro. Le passé de la ville se retrouve dans l’architecture de son centre historique, le « Pelourinho » aux bâtiments coloniaux colorés si caractéristiques datant des XVI au XVIII ème siècles, classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Organisée autour de la ville haute (les quartiers historique) et la ville basse, reliées entre-elles par un ascenseur monumental, Bahia s’est beaucoup développée et modernisée ces dernières décennies et ce sont maintenant des buildings modernes qui accueillent le visiteur venu de la mer.

 

Ouverte sur le monde par son port, Bahia a subi les influences de plusieurs cultures : européenne de par la colonisation portugaise, africaine et bien sur amérindienne. Est-ce ce métissage qui est à l’origine de la réputation des bahiannais, toujours prompts à danser et faire la fête ? Toujours est-il que chaque occasion est propice à la danse et le carnaval de Bahia est réputé pour être le plus grand carnaval populaire de tous le Brésil. La ville a d’ailleurs la réputation d’être la capitale musicale et artistique du pays. Gilberto Gil, un des plus célèbres musiciens du Brésil, véritable ambassadeur de la culture de son pays (et accessoirement ministre de la culture), est d’ailleurs originaire de Bahia.

 

Très touristique, Bahia joue également sur ses plages, à proximité immédiate de la ville. Le livret remis par l’organisateur de la course à chacun des skippers avant le départ fait d’ailleurs bien état de ces plages, avec une mention particulière pour les femmes engagées dans cette Transat : « mesdames, maillot brésilien de rigueur ! ».

 

Pour en savoir plus sur cette ville colorée et animée, que les ministes vont certainement découvrir ensemble pendant quelques jours, avant de désarmer leur bateau en prévision du retour en France par cargo, voici les liens vers quelques sites (choix personnel et absolument non exhaustif …) :

 

http://lsinzelle.free.fr/bresil/salvador-1.htm

 

http://www.nimbustier.net/photos/2005/11/salvador.html

 

 

et pour ceux qui parlent couramment le portugais, le site de la ville de Bahia : http://www.bahia.com.br/index.asp

 

 

J’essaierai de joindre David demain,

 

Bonne nuit,

 

Eric

 

Dans la galerie photo, les toutes premières images de l’arrivée de David, verre de caïpirinha à la main !

29 octobre 2007 - Ville du Tréport à Bahia !

C'est à 16 heures 04 minutes et 9 secondes heure française que David a franchi la ligne d'arrivée de la Transat 6,50 2007, bouclant cette seconde étape entre Madère et Bahia en 23 jours 3 heures 47 minutes et 9 secondes.

Les derniers milles ont du lui sembler bien longs, totalement empétolé à l'entrée de la baie de tous les Saints.

A ce soir pour de plus amples nouvelles.

Eric 

28 octobre 2007 – Dernière nuit en mer

Et oui, c’est très probablement la dernière nuit que passe David seul en mer sur Rackham le Rouge, représentant la ville du Tréport dans l’édition 2007 de la Transat 6,50. Déjà 22 jours qu’il s’est élancé de l’île portugaise de Madère, cap sur le Brésil, et cette nuit aura certainement une saveur toute particulière, entre l’envie d’en finir au plus vite, de retrouver très prochainement Nat et Hugo et, en même temps, de savoir qu’une page se tourne après toutes ces années à vivre « mini ».

Même si l’alizé ne semble pas souffler au-delà de 10 nœuds, de secteur nord-est le long des côtes brésiliennes, Ville du Tréport devrait entrer dans la baie de tous les Saints dans la matinée de demain, mais à quelle heure ? Suspense !

 

Première femme de cette Transat 6,50 2007, Isabelle JOSCHKE a franchi la ligne hier soir, après 21 jours 7 heures et 37 minutes depuis le départ de Madère. Isabelle, qui avait remporté la première étape entre La Rochelle et Madère, espérait bien monter sur la plus haute marche du podium. Depuis quatre ans, elle s’était consacrée entièrement à la réalisation de cet objectif, mais le sort en a décidé autrement, après la grosse avarie subie entre les Canaries et le Cap-Vert, puis encore avec la rupture de la sous-barbe qui l’a obligée à jouer de la perceuse sur son étrave au milieu de l’océan. Et si elle ne termine finalement qu’à la 20ème place au général, elle a été accueillie par tous ses prédécesseurs avec un grand respect. Si cette Transat marque la dernière course d’Isa sur le circuit mini, il va falloir se souvenir d’elle, car elle risque vite de briller en Figaro, puis en 60’ … Après Isabelle AUTISSIER, Ellen Mac ARTHUR, Karen LEIBOVICI, la mini Transat est un aussi révélateur de talents féminins …

 

En série, c’est Laurence CHATEAU qui a l’honneur d’être la première femme de l’étape, en 22 jours 2 heures et 58 minutes, mais c’est Bénédicte GRAULLE, arrivée 32 minutes derrière elle, qui remporte le privilège d’être la première femme au classement général série de la Transat 6,50 2007.

Véronique LOISEL devrait suivre, au coude à coude avec David.

 

A demain, dès que j’ai des nouvelles…

 

Eric

27 octobre 2007 – J - 2

Bonsoir,

 

Aux dernières nouvelles, 36 bateaux au total ont franchi la ligne d’arrivée, 12 en série et 24 en proto. Il reste donc ce soir encore 47 bateaux en course, dans un alizé qui commence à faiblir en adonnant. Les derniers milles devraient donc se faire au portant, avec une dizaine de nœuds de vent. L’ETA de Ville du Tréport est pour l’instant fixé pour lundi, aux environs de 11 heures (heure française).

 

Au classement le plus récent communiqué, à 15 heures, le dernier proto à s’être amarré était le n° 679 « Sitting Bull », à Samuel MANUARD. Sam, architecte naval renommé et ministe multirécidiviste, faisait partie des grands favoris au départ de La Rochelle, mais le sort en a décidé autrement lors de la descente expresse vers le Cap-Vert.

Voici le récit qu’il a fait de son avarie : « Cela s’est passé dans un "vrac", pas très brutal. Le pilote s’est mis tout seul en mode "stand by", et dans une rafale à 28 noeuds, le bateau a commencé à déraper, tout doucement... J’ai choqué le spi. Deux secondes trop tard. J’ai entendu un gros craquement, et le lendemain, j’ai constaté les dégâts. J’ai fait demi-tour pour regagner Mindelo. 450 milles sans spi, avec 400 litres d’eau à l’avant!!. Il y avait là beaucoup de concurrents en escale, et beaucoup parlait d’abandon. Pour moi, il n’en était pas question. la course était perdue, mais il fallait la terminer. J’ai donc pris mon temps, 50 heures, pour reconstruire l’avant du bateau. Le balcon était arraché, avec la cadène. Il fallait tout reprendre sur la varangue, reconstruire le pont... beaucoup de gars avaient qui de l’époxy, qui des tissus de carbone, notamment Alex (Pella). J’ai repris la mer 12 heures après Isa... et j’ai pris plaisir à naviguer, sortant assez rapidement du pot au noir pour un long, très long bord au plus près du vent. Bien ballasté, le bateau marchait comme un avion... ».

 

Ca aussi, c’est l’esprit mini : même quand on sait qu’il n’y a plus d’espoir de vaincre et qu’il serait facile de rentrer à la maison, avec plein de bonnes raisons pour abandonner la course, les skippers s’accrochent, pour la beauté du geste et le plaisir d’être seul en mer, avec son bateau. Isabelle JOSCHKE, qui a subi également une avarie peu après les Canaries avec la rupture de son bout-dehors et qui avait pensé abandonner pendant quelques heures, avant de décider de réparer et de continuer malgré tout, comme Sam MANUARD, est attendue incessamment à son tour à Bahia par les autres skippers.

Comme tous, elle va avoir droit à un accueil chaleureux par ses camarades de jeu, une petite caïpirinha (le « Ti’Punch » brésilien) et une baignade plus ou moins volontaire dans le port ! (une tradition bien établie, qui va se répéter 83 fois … heureusement que l’eau est chaude).

 

Et c’est aussi pour vivre ces moments là que tous les ministes ont tout sacrifié pendant plusieurs années, pensant mini, rêvant mini, vivant mini, et qu’ils ont accepté d’endurer les dures conditions de vie qu’imposent une course océanique de 4 200 milles (un peu moins de 7 800 km) sur une coque de noix.

 

La vie d’un ministe en course ressemble en effet à celle d’un ascète, entièrement consacré à la marche de son bateau (ce qui contraste parfois singulièrement avec le côté convivial de la classe Mini, à terre !).

De fait, le bateau ne fait que 6,50 mètres de longueur de coque, pour un espace intérieur d’environ 3 mètres cube. Et cet espace est  presque entièrement occupé par les voiles d’avant (2 spi, un code 5, un genak) et le matériel nécessaire à la traversée (c’est-à-dire pour l’essentiel la nourriture et les bidons d’eau, plus le matériel de sécurité). Il n’y a pas de place pour s’allonger, hormis sur les voiles ou dans l’espace étroit sous le cockpit, mais de toute façon les skippers ne dorment jamais plus de 20 minutes d’affilées (une grosse alarme se chargeant de les réveiller, sauf s’ils oublient de la mettre …). Et sur un proto la place intérieure est encore plus réduite : la cabine est traversée sur chaque bord par les puits de dérive, et les palans de la quille basculante encombrent le peu d’espace restant.

 

L’humidité à bord est par ailleurs permanente : même si la descente est bien protégée et que l’eau ne rentre pas directement dans le bateau (à part dans des conditions extrêmes comme celles rencontrées lors de la Transgascogne), à chaque changement de voile d’avant, ce sont des litres d’eau qui ruissellent des voiles stockées dans le bateau. Et avec les conditions rencontrées dans le pot au noir, entre pétole et grains accompagnés de trombes d’eau, il y en a des changements de voile …

Et puis il y a enfin toujours un peu d’eau qui s’infiltre par la trappe de survie (bon, là s’il y en a trop, c’est de ma faute, je n’aurai pas mis assez de silicone …).

 

Cette humidité permanente, à l’intérieur du bateau ou à l’extérieur (les embruns, lors des bords de près ou de reaching comme en ce moment, ou la pluie subie dans la zone de convergence intertropicale), fini par générer chez tous les skippers divers problèmes cutanés provoqués par le sel et les frottements sur les bancs de cockpit, lors des longues heures passées à barrer.

 

Et pour se réconforter, les skippers n’ont même pas la possibilité de se mitonner un bon petit plat, puisqu’ils n’embarquent en général que des plats lyophilisés, prêts à consommer.

Pour toute nourriture, David embarque ainsi des sachets repas lyophilisés, spécialement étudiés pour apporter à l’organisme l’énergie suffisante pour  être au top dans les manœuvres, tout en ne pesant que 125 grammes à l’unité ! Après réhydratation avec 300 millilitres d’eau chaude, cela donne un excellent repas chaud (enfin, il faudra demander son avis à David quand il rentrera, parce qu’après un mois de ce régime je pense qu’il ne pourra plus voir un seul sachet de lyoph pendant quelque temps !).

Dans le catalogue du shipchandler Demi Clé, spécialiste de la course au large et fournisseur de très nombreux ministes, on a ainsi le choix entre 18 plats différents, allant de la paëlla au chili con carne, en passant par du bœuf à la hongroise, du poulet au curry, du bœuf Strogonov ou encore du nasi goreng.

En complément, David a aussi embarqué au départ de chacune des deux étapes des produits frais, mais qui ne sont destinés qu’aux premiers jours de course. En effet, dès lors qu’il n’y a aucun moyen de conservation des aliments à bord (pas de glacière et encore moins de frigo, comme sur les bateaux de croisière), il n’est pas possible de prévoir un avitaillement en viande ou légumes frais. Mais de toute façon, la chasse au poids forcenée  interdit de fait d’embarquer de bons petits plats, trop lourds, et les skippers n’ont pas le temps, en course, de préparer eux-mêmes un repas.

En fait (mails ils ne l’avoueront jamais), faire la Transat 6,50 c’est aussi un excellent moyen de faire enfin le régime qu’on à toujours une bonne raison de repousser à terre ! Plus sérieusement, il est certain que David aura perdu du poids à l’arrivée à Bahia, et c’est d’ailleurs en prévision de ce régime forcé que le médecin de la course qui a examiné tous les skippers à La Rochelle leur a donné comme conseil de manger un maximum de viande rouge, de fruits et de légumes avant le départ. On peut être certain que passé les retrouvailles avec les copains et la première Caïpirinha, les skippers vont se précipiter sur un bon gros steack !

 

L’allègement maximal touche d’ailleurs tous les domaines de la vie à bord : pour toute vaisselle, David embarque une bouilloire, une seule gamelle de type tupperware, qui sert à prendre la totalité des repas, et une fourchette.

Lors de la Transat 6,50 1987, Laurent BOURGNON avait d’ailleurs poussé la recherche de la légèreté très loin, allant jusqu’à couper le manche de sa brosse à dent ! (bon, de mémoire il avait aussi « allégé » la structure de son bateau à la tronçonneuse et s’était débarrassé de son ciré passé l’équateur… avec son argent dedans.).

L’état d’esprit minimaliste dans le confort et la chasse au poids permanente n’est pas réservée à la classe mini : il suffit de voir la cellule de vie des nouveaux monocoques 60’ IMOCA pour se rendre compte de leur dépouillement monacal. La cellule de vie s’articule exclusivement autour de la table à carte (quand il en reste encore une…), cette table étant de plus en plus « light »,   avec une électronique allégée au maximum et matossable au vent !

 

La chasse au gramme inutile règne désormais en maître sur les bateaux de course et il était parfois surprenant, sur les pontons de La Rochelle, de voir quelques skippers embarquer de petits plats en conserve ou bocaux de verre, certes réconfortants pour le moral, mais aussi terriblement lourds (bon, ça se voit aussi sur leur classement au général …).

 

A demain, J-1 …

 

Eric

26 octobre 2007 – Hervé PIVETEAU vainqueur en série

Bonsoir,

 

16ème à franchir la ligne d’arrivée de cette seconde étape et premier skipper d’un bateau de série, Hervé PIVETEAU est arrivé ce matin à 03 h 56 heure française, effectuant les 3 100 milles de cette seconde étape en 19 jours 14 heures et 39 minutes.

C’est lors du passage de l’archipel du Cap Vert qu’il s’est emparé de la première place jusqu’alors occupée par Stéphane LE DIRAISON, suite à des options de route différentes. L’écart entre les deux skippers sur la première étape à Madère était de 3 heures et 34 minutes, et sans moyen de connaître la position de Stéphane le DIRAISON suite au dysfonctionnement du système de positionnement, l’attente à été très longue pour Hervé PIVETEAU avant de se voir sacré vainqueur de la Transat 6,50 au classement général série !

 

Alors que les deux bateaux étaient très proches depuis le départ de Madère, avec même plusieurs jours de navigation à vue au milieu de l’Atlantique, version match race, un écart de plusieurs dizaines de milles s’est creusé lors du passage du pot au noir. L’option ouest suivie par Stéphane LE DIRAISON n’était visiblement pas la bonne, et il n’a jamais été ensuite en mesure de revenir sur la tête de la course, rétrogradant à la 4ème place.

En franchissant la ligne d’arrivée de la seconde étape en 4ème position, à 19h33 heure française , Stéphane le DIRAISON préserve cependant la deuxième place au classement cumulé des deux étapes de la Transat 6,50 en bateau de série, avec un temps de course de 26 jours 16 heures et 34 minutes.

Le tchèque David KRIZEK, arrivé 3ème à Bahia en bateau de série 3 heures et 42 minutes derrière l’espagnol Gérard MARIN, complète le podium de la Transat, en 26 jours 18 heures et 15 minutes (avec une différence de temps cumulé sur les deux étapes de 5 h 23 sur Gérard MARIN).

 

 

Ainsi, ce soir 25 bateaux sont amarrés dans la marina de Bahia, 21 protos et 4 bateaux de série (photo GPO – Pierrick GARENNE)

 

 

La balise de positionnement de David ne fonctionne plus à son tour depuis la nuit dernière et il n’est donc plus possible de connaître la position de Ville du Tréport. On peut cependant estimer raisonnablement qu’il a dépassé dans l’après-midi la latitude de Recife et qu’il longe maintenant les côtes brésiliennes. Etant positionné encore assez à l’est de la l’orthodromie hier soir, il doit naviguer au large de la terre, ce qui lui permet d’éviter l’affaiblissement du vent plus marqué près des côtes. Cela lui évite aussi trop de rencontres avec les nombreux bateaux de pêche locaux, mais, malgré ce relatif éloignement, il doit déjà commencer à sentir les odeurs de la terre.

D’après les infos du PC course, David est attendu à Bahia pour le 29 octobre, autour de 15 heures.

 

Ce sont maintenant les tous derniers jours de course pour Rackham le Rouge et David repense sûrement au long chemin parcouru depuis qu’il s’est lancé dans cette aventure : la construction de son bateau, les premières navigations et une première qualification avortée suite à la rencontre avec un navire de sa gracieuse majesté, la qualification arrachée in extremis pour la Transat 2005, la sortie en premier du bassin des chalutiers de la Rochelle sous les acclamations de la foule, puis le démâtage au large du Portugal, après seulement quelques jours de course.

Mais David ne s’est pas arrêté sur cet échec provoqué par la rupture d’une cadène en acier neuve, pièce qui en théorie ne casse jamais, et s’est relancé pour l’édition 2007 de la Transat 6,50. Grâce à la participation active de la municipalité du Tréport et à la mise à disposition d’infrastructures, Rackham le Rouge s’est refait une beauté cet hiver pour être paré à affronter l’océan Atlantique. Et maintenant, un peu plus d’un mois après le départ de La Rochelle, David est en passe de boucler SA mini transat et de réaliser son rêve. En 5 ans, il est devenu un vrai coureur d’océan et toute l’expérience qu’il a accumulé durant ces années, tant comme marin que sur la conduite d’un projet sportif de haut niveau, vont à n’en pas douter lui être très utile pour les prochaines années. Il ne faut pas oublier qu’une expression devenue désormais familière dans le milieu de la course au large est : « passe ta mini d’abord » …

 

Il ne reste plus maintenant qu’à trouver enfin un budget à la hauteur de ses, de nos ambitions, pour lui permettre de jouer la gagne avec les mêmes moyens que ses petits copain de jeu (bon, OK, le jeu va devenir dur, maintenant on entre dans la cour des grands et il y a du beau monde, mais c’est justement cela qui est motivant).

Et si la Transat 6,50 est une course incontournable et dont la renommée internationale ne cesse de s’affirmer, ainsi qu’en atteste le nombre de skippers de toutes nationalités venu s’affronter sur ces « petits bateaux », elle reste cependant assez peu connue du grand public. Par contre, le prochain terrain de jeu auquel David réfléchit depuis déjà près d’un an est autrement plus médiatisé, avec la présence de « star » de la voile sur diverses catégories de bateaux que tout le monde à vu sur tous les écrans de télévision (à suivre à ce sujet le départ du Havre de la prochaine Transat Jacques Vabre, les 03 et 04 novembre … qui arrive également à Bahia ! embouteillage garanti dans le port et dans le cargo chargé de rapatrier en France tous ces bateaux).

 

 

 

Bonne nuit et à demain,

 

Eric

25 octobre 2007 – Mais où est donc passé … le satellite ?

Bonsoir,

 

Cela commence à être un peu n’importe quoi dans le suivi satellite des bateaux, le dysfonctionnement des balises de positionnement ressemblant de plus en plus à une épidémie … En proto, ils sont ce soir 20 bateaux à n’avoir pas été classé et 17 en série !

Ville du Tréport échappe encore pour l’instant au phénomène et se retrouve donc provisoirement en 5ème position … mais sans qu’il soit possible de connaître sa place réelle. A moins qu’il ne soit effectivement 5ème ?

Dans ces conditions, il devient très aléatoire d’estimer quel sera le premier skipper d’un bateau de série à franchir la ligne d’arrivée. Encore au moins 24 heures de suspense à attendre …

 

 En tout cas, sur l’eau cela semble aller plutôt bien pour David, qui maintient une vitesse moyenne de 5,8 nœuds sur 24 heures et était pointé à 18 h ce soir à 6,4 nœuds en vitesse instantanée. Il est passé au large de l’archipel de Fernando de Noronha en début de nuit dernière (en heure locale) et n’est plus ce soir qu’à 558 milles de Bahia, soit un peu moins de 4 jours de mer. Les conditions de navigation restent stables, avec un alizé de sud-est d’une vingtaine de nœuds, qui devrait faiblir légèrement à l’approche du continent Sud-Américain. Le prochain et probablement dernier empannage devrait être pour entrer dans la Baie de tous les Saints … plus de 500 milles dur le même bord, au reaching !

 

Chez les rescapés des protos, Isabelle JOSCHKE et Sam MANUARD continuent de se tirer la bourre, avec un léger avantage pour Samuel. Tous deux ont passé la latitude de Recife dans l’après-midi et naviguent désormais le long des côtes brésiliennes.

 

Ce sont maintenant 13 protos qui sont amarrés dans la marina de Salvador de Bahia, la 6ème place ayant été prise par Adrien HARDY en 18 j 10 h 51 mn 39 s : plutôt pas mal pour un bateau qui a démâté au beau milieu de l’Atlantique !

Le skipper, qui un moment a pensé à abandonner, a finalement tenté de remettre à sa place son mât, tombé intact (le fait qu’il ne lui restait alors que 6 jours de nourriture et un minimum de 10 jours à faire pour rejoindre une terre sous gréement de fortune a probablement pesé lourd sur sa décision !). Après plusieurs tentatives infructueuses et des 5 heures trente d’efforts, il a enfin réussit à repositionner le mât aile en carbone de 50 kilos, contusionné de toutes parts. Ne lui restait plus alors qu’à refabriquer la cadène d’étai avant qui avait cassé, avec du tissusde carbone et de la résine. Même s’il a eu la chance inouïe que le mât ne se brise pas en tombant, c’est un joli tour de force qu’il faut saluer, parce ce que ce genre d’exercice, sur le pont mouvant d’un petit bateau, n’a rien d’évident et il faut une sacré dose de volonté. Il risque d’y gagner un surnom (Mac Gyver ?), comme Yves PARLIER lors du Vendée Globe 2001, où il avait brisé le mât de son 60’ dans l’océan Indien avant de réparer seul, dans une baie déserte de l’île Stewart. En tous cas, sa réparation a été solide, puisqu’il à fini le parcours pied au plancher, faisant des pointes à 15 nœuds … (nota : la construction de son mât doit aussi être sacrément résistante, puisque c’est le deuxième démâtage de la saison, après la Transgascogne, sans qu’il y ait de casse : bravo au chantier !)

En photo, l'arrivée de Adrien HARDY dans la nuit brésilienne (photo GPO - PIerrick GARENNE)

 

Andraz MIHELIN, le skipper slovène percuté lors du départ de Madère par Rackham le Rouge est arrivé aujourd’hui à midi en 10 ème, bouclant l’étape en 18 j 22 h 55 mn 14 s (et 10 h 30 derrière son compatriote Kristian Hajnsek sur un sister ship): visiblement, son bateau n’a donc pas souffert de la collision, mais il a perdu quelques heures en revenant réparer ; mais le jury pourrait toutefois lui accorder une compensation en temps. Le team Adria Mobil place ses deux bateaux aux 8ème et 9ème place au classement général cumulé des deux étapes, ce qui est cohérent avec les performances identiques des deux bateaux.

 

Pour la petite histoire des records, Yves LE BLEVEC a décroché également le record des 24 heures, avec 274,5 milles parcourus à 11,4 noeuds de moyenne. Il bat les deux chronos réalisés à l’occasion de la première étape par Isabelle JOSCHKE (273 milles parcourus) et Sam MANUARD (272,3 milles à 11,3 noeuds de moyenne) : essayez de faire pareil !

 

A demain, en espérant que les balises fonctionnent à nouveau.

 

Eric

24 octobre 2007 – 5 protos amarrés dans la marina de Bahia

Bonsoir,

 

L’absence de positionnement satellite ne permet pas de connaître précisément la position de Ville du Tréport ce soir. Au dernier pointage, cet après-midi à 16 heures, il était en 10ème position au classement série … mais avec les mêmes réserves émises sur le classement réel, dès lors que 12 concurrents n’ont pas été classés.

Ce matin il était à 725 milles de l’arrivée, progressant au travers bâbord amure à un tout petit peu moins de 6 nœuds, dans un alizé de sud-est se renforçant à 20 nœuds et avec une mer bien formée. S’il maintient cette allure, après avoir franchi l’île de Fernando de Noronha dans la journée de demain, il devrait toucher terre d’ici 5 jours, soit lundi soir.

 

Chez les protos, les arrivées se succèdent. Après Yves LE BLEVEC hier soir,  4 skippers ont franchi la ligne d’arrivée aujourd’hui.

Arrivé ce matin à 10 h 28 minutes et 22 secondes heure française, David SINEAU a pris la seconde place en entrant dans la baie de tous les Saints au petit jour (5 heures de décalage horaire…), 14 heures et 35 minutes derrière Yves LE BLEVEC.

C’est une très jolie performance pour cet « amateur » (chef d’entreprise breton, spécialisé dans les énergies renouvelables, mais qui a déjà fini troisième en série de la Transat 6,50 2003) , qui au surplus à connu de nombreuses avaries qui l’ont sérieusement pénalisé sur cette seconde étape : perte du gennaker qui, en passant sous le bateau, a également endommagé la quille basculante, et destruction méthodique des aériens de tête de mât par des oiseaux (Hitchcock ?), avec comme conséquence la perte des indications de vitesse et d’angle de vent (cette dernière donnée étant particulièrement importante pour le pilote automatique).

 

A son arrivée, David SINEAU a par ailleurs levé le voile sur l’avarie qu’à connu Adrien HARDY, alors en seconde position (étant à proximité, il a entendu le compte-rendu fait par VHF) : la cadène d’étai avant s’est arraché et « Brossard » a dématé, mais le mât ne s’est pas brisé en tombant. Le skipper a réussi, seul, à remettre son mât droit au beau milieu de l’océan et, 7 heures seulement après son avarie, a repris sa route vers Bahia ! Chapeau. Il devrait franchir la ligne d’arrivée cette nuit, en 6ème ou 7ème position et il est très attendu !

 

Et après un certain suspense du à la panne de balise de positionnement de Nick BRENNAN, c’est finalement Fabien DESPRES qui s’impose sur la troisième marche du podium, l’australien prenant la quatrième place de l’étape. Enfin, une heure derrière lui, c’était au tour de Ronan DESHAYE de s’emparer de la 5ème place.

 

 

Yves LE BLEVEC, grand vainqueur de la Transat 6,50 2007, réalise enfin un rêve, à sa troisième participation et avec des moyens à la hauteur de ses ambitions légitimes. Mais cette victoire ne s’est pas faite dans la facilité, et malgré son expérience de la course au large il a du batailler ferme pour maintenir sa première place, comme il l’a confirmé juste après son arrivéz :

 

 « Cette victoire là est due à plein de choses mais pas au hasard, pas au hasard. Avec Sam et Isa, cela n’était pas gagné et le niveau était carrément haut. On avait des bateaux avec des performances très très proches et chacun avec des motivations très élevées. Quoi qu’il arrive, même sans eux, il ne fallait rien lâcher… ».

« J’avais peur toutes les 5 minutes de casser quelque chose. Mais je devais attaquer car il fallait mettre de la pression sur les autres et être devant… C’est le truc le plus simple en fait et en même temps le plus dur. Depuis les Canaries, je suis en tête, sauf une fois où Adrien est passé devant. Mais voilà, faut envoyer tout le temps pour rester en tête... Il y a des moments où j’envoyais… mais j’envoyais ».

« La position dans laquelle j’étais était difficile. J’étais en tête et il fallait que je le reste. Mais le niveau de stress que j’avais était très élévé. Je me suis mis dans le rouge des fois… Des coups de nerfs parce que j’avais peur de pas bien faire, de ne pas être au niveau. Pour moi, c’était dur de gérer le stress et d’être devant... J’y allais pas pour amuser la galerie. Il y a deux ans quand je suis allé voir Actual, c’était pour un projet gagnant ! Et là je suis content de leur donner cela. Mais c’était dur ce niveau de stress… ».

 

Compte tenu de son vécu, ces mots signifient bien quelle a été l’intensité de la course, dont le niveau n’a cessé de s’élever en trente ans d’existence. Et que ce soit en proto, la catégorie reine mais aux budgets exponentiels, ou en série, le constat est le même : il n’y a pas de hasard dans la victoire, et cela se prépare bien en amont, avec un budget suffisant pour pouvoir concentrer toute son énergie à la seule préparation du bateau et à la navigation. Et même si la Transat 6,50 reste une des seules course au large accessible aux petits budgets et aux « amateurs » (c’est une façon de parler, vu le niveau relevé, mais l’essentiel des skippers ne vient pas du milieu professionnel de la course), il n’en reste pas moins que l’importance des ressources financières investies dans le projet joue toujours une place cruciale dans la réussite (et là, Sensation 6,50 joue tout tout petit, malgré la participation sans faille de la ville du Tréport depuis l’origine du projet et, plus récemment, de l’entreprise MMB (fabrication de maquettes et prototypes high-tech pour l’industrie et le luxe, située à Blangy-sur-Bresle).

 

Toutefois, même malgré une préparation optimale, une part de chance, non négligeable, est toujours à prendre en considération : Isabelle JOSCHKE, Sam MANUARD, Alex PELLA ou Adrien HARDY en savent quelque chose, eux qui au départ de La Rochelle pouvaient tout autant prétendre au titre.

 

 

En photo, le podium : au milieu, Yves LE BLEVEC, à droite, David SINEAU et à gauche Fabien DESPRES (photo GPO)

 

A demain,

 

Eric

23 octobre 2007 – Le record de 2005 est tombé

Bonsoir à tous,

 

C’est à 19 heures 53 minutes et 2 secondes précisément que Yves LE BLEVEC a franchi en vainqueur l’édition 2007 de la Transat 6,50 Charente maritime – Bahia. Il boucle les 3 050 milles nautiques de cette seconde étape entre Funchal dans l’archipel de Madère et Salvador de Bahia en 17 jours, 06 heures, 38 minutes et 2 secondes, à la vitesse moyenne de 7,36 nœuds (inutile de dire que pour maintenir une telle moyenne, avec le ralentissement occasionné par la traversée du pot au noir, il faut sacrément allumer …). Et d’ailleurs il n’a pas ralenti tant qu’il n’a pas eu franchi la ligne, naviguant à près de 10 nœuds dans une mer formée toute la journée !

 

Son temps de course cumulé sur l’ensemble des deux étapes est de 23 jours, 03 heures, 51 minutes et 24 secondes, soit en un tout petit moins de 41 heures que le temps de référence établi il y a deux ans par Corentin DOUGUET sur le même parcours.

 

Il devient ainsi, à 42 ans, le vainqueur le plus âgé de l’épreuve depuis sa création en 1977 et ajoute cette course mythique à son palmarès personnel. Faut-il rappeler qu’il est, notamment, co-détenteur du trophée Jules Verne sur le maxi catamaran Orange II à Bruno PEYRON, en 2002 en 64 jours et en 2005 en 50 jours (ce record tient toujours), qu’il a couru la 5ème étape de la Volvo Ocean Race entre Rio et Baltimore en 2006 sur ABN Amro 2 ou encore couru le Figaro en 2003. C’est donc un marin d’une grande expérience qui remporte cette édition de la Mini Transat, qu’il courre  pour la troisième fois

 

Par contre, il n’est pas encore possible de savoir lequel des marins va couper la ligne en seconde position, les balises de positionnement satellite refusant toujours de fonctionner sur plusieurs bateaux. D’après les informations dont dispose le PC course, ce devrait normalement être David SINEAU, suivi de l’australien Nick BRENNAN, mais il n’est pas encore possible de connaître leur heure d’arrivée estimée (ETA selon l’abréviation anglaise consacrée).

 

Et d’ailleurs Yves LE BLEVEC a ignoré sa place réelle quasiment jusqu’à l’arrivée, étant lui-même en panne de récepteur BLU. Aux bateaux presse venus à sa rencontre au large de la baie de tous les Saints, ses premiers mot ont été : « Y en a combien d’arrivés ? » ! Loin de toutes les technologies de communication désormais embarquées dans les autres classes de course au large, la Mini conserve cet état d’esprit originel, mettant aux prises les marins, seuls avec leur bateau, et l’océan Atlantique. Et c’est bien ce qui fait le charme de cette course atypique, qui attire sans cesse plus de coureurs, de tous les pays du monde.

 

 

En série, les mêmes dysfonctionnements affectent les balises des bateaux de tête, qui n’ont pas été positionnés ce soir. On peut toutefois supposer que Hervé PIVETEAU conserve sa place de leader, devant l’espagnol Gérard Marin.

Plusieurs bateaux n’ayant ainsi pas été classés ce soir, Ville du Tréport apparaît donc en 16ème position au classement série, mais il doit réellement toujours occuper la 22ème place. Il ne se situe plus qu’à 861 milles de l’arrivée et navigue maintenant dans l’hémisphère sud … (latitude 1°16’43’’ Sud et 30°52’04’’ de longitude Ouest, à 18 heures).

 

A priori il n’a pas été trop ralenti par les indispensables formalités à accomplir auprès de Neptune lors du passage de la ligne et les offrandes que David lui a faite semblent lui avoir convenu, puisque Rackham le Rouge trace maintenant son sillage de l’autre côté de la planète.

 

En effet, le passage de l’équateur constitue depuis toujours pour les tous marins du monde un moment bien particulier, et les néophytes doivent subir un rite initiatique qui les fera entrer dans le royaume de Neptune et Amphitrite (Neptune, Dieu des mers et des océans dans la mythologie Romaine, appelé Poséïdon dans la mythologie Grecque, gouverne son empire du fonds des océans. De son union avec Amphitrite né le monstre Triton).

 

Ce rituel, apparu lors des premiers voyages à travers l’immensité alors inconnue de l’océan Atlantique, remonterait pour certains jusqu’à une tradition de baptême Viking, même si le premier passage « officiel » de l’équateur remonte à l’an 1469. Mais c’est bien avec la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492, puis des premiers navigateurs explorateurs lancés à la découverte des océans que le rituel du passage de la « Ligne » a pris toute son importance.

 

D’après Bernard FERNADEZ (Histoire de voyageurs :  au Siècle des Lumières, l'Équateur, un rite de passage en mer), le passage de l'Équateur, appelé « la Ligne »,  se faisait dans la  fête et symbolisait un rite de passage pour les marins et voyageurs. Après avoir parcouru une mer parfois violente, des vents forts qui mettaient à l'épreuve les navigateurs les plus confirmés, la Ligne, symbolisait un  « temps » qui s'arrêtait contre le gré des hommes. Le passage de l'Équateur, imposait  bien souvent une mer calme, immobile, de température chaude, moite, transportant l'équipage dans un temps amorphe (souvenez-vous, le Pot au noir …). Les vaisseaux flottaient sur une mer immense, prisonniers d'un temps a-temporel et incontournable qui devenait rite de passage.
Le monde marin vivait ce moment avec beaucoup d'intensité car il était aussi l'exutoire aux souffrances vécues lors de la traversée en pleine mer : la faim, les morts et maladies survenues pendant le voyage, les peurs imaginaires multiples, venaient se surajouter à la scène captivante du passage de la Ligne (il ne faut pas oublier que de très nombreuses croyances habitaient les marins. Les conditions météo particulières rencontrées lors de la traversée de ce qui allait devenir bien plus tard la ZCIT pouvaient alors être particulièrement propices à l’imaginaire et aux peurs : chaleur suffocante, absence totale de vent, ponctuée de grains soudains et violents que les lourds vaisseaux de l’époque, lents et peu manoeuvrants, subissaient sans pouvoir réagir, contrastes de lumières, entre les rayons du soleil filtrant à travers le noir sombre des nuages d’orage … Pour les non initiés, tout cela pouvait facilement devenir effrayant, dans la peur de l’inconnu ).

 

Ce passage  introduisait ainsi un temps initiatique où  les acteurs de ce rite mettaient en scène un monde social inversé. La hiérarchie sociale et nobiliaire s'estompait pour laisser la place à un monde à l'envers, où ceux qui savaient prenaient pour un court moment le pouvoir : les vieux marins se déguisaient de façon burlesque, se maquillaient en noir, initiant les jeunes matelots – et passagers du bord - au baptême de la Ligne dont la finalité symbolique était bien d'amener le néophyte à devenir un vrai loup de mer. Pendant parfois plusieurs jours, le bateau se transformait en scène de théâtre où Neptune, en Dieu tout-puissant accompagné de diables, diablotins et autres tritons, prononçait la sentence réservée aux novices dans une parodie de jugement. La cérémonie se terminait alors par une immersion totale des néophytes dans un réservoir d’eau, après avoir été barbouillés de peinture et de restes de nourriture, de préférence avariée … 

 

De nos jours, la tradition se perpétue encore dans la marine marchande (même si les impératifs commerciaux et les équipages exotiques naviguant sous pavillon de complaisance tendent de plus en plus à oublier le rituel) et est bien vivante dans la Royale. Le passage de « la Ligne » reste un grand moment festif, où les néophytes doivent subir diverses épreuves rituelles avant de comparaître  devant Neptune et son épouse Amphitrite, Monseigneur Pompilius, le juge et l’avocat général, l’astronome et d’autres personnages tels que les gendarmes équatoriaux et la tribu de sauvages « OULA OULA CA FAIT BOBO », avant l’immersion dans une piscine installée spécialement à cet effet sur le pont du navire.

Enfin, les Néophytes devenus Chevaliers se voient remettre un diplôme, à conserver précieusement et à présenter devant Neptune à chaque nouveau passage de la Ligne. Car sans ce diplôme tout le rite initiatique serait à recommencer, et pour pouvoir enfin devenir Dignitaire et avoir le pouvoir de faire passer la Ligne à un Néophyte, il faut pouvoir attester avoir franchi cette barrière mythique à deux reprises.

(Pour l’anecdote, il y a encore quelques dizaine d’années, les passagers des vols franchissant l’équateur se voyaient également remettre ce diplôme, mais sans le cérémonial ..)

.

 

Evidemment, le strict respect du rituel traditionnel est quelque peu difficile à bord d’un mini, mais le passage de la « Ligne » donne cependant lieu à une courte cérémonie, honorant Neptune par une offrande, afin de s’attirer sa magnanimité. David n’a donc pas oublié d’embarquer une (petite) bouteille de champagne, dont une bonne rasade à été versée à la mer avant de boire le reste (bon, le champagne chambré à 40 degré, c’est pas génial, mais quand il faut …).

 

A demain pour voir si David a été assez généreux avec ce bon vieux Neptune,

 

Eric

 

(en photo, la statue du Dieu Neptune de Copenhague)

22 octobre 2007 : plus que 24 heures pour le premier proto

Bonsoir,

Il est 17 heures 40 heure locale sur les côtes du Nordeste brésilien et Yves LE BLEVEC doit commencer à voir et sentir les signes de la proximité de la terre : odeurs de la terre, présence d’oiseaux marins en plus grand nombre, mais aussi petits bateaux de pêche ou navires de commerce, sans compter les plate-formes pétrolières. Ces rencontres, si elles font du bien au moral, peuvent aussi être dangereuses : risque de collision ou de rencontre avec des filets non signalés.

Ce n’est pas le moment de relâcher son attention, mais on peut certainement faire confiance à la grande expérience de ce marin pour ne pas se laisser surprendre et inscrire, enfin, la Transat 6,50 à son palmarès déjà bien étoffé.

Au dernier pointage communiqué par l’organisation de course, à midi, il n’était plus qu’à 271 milles de la ligne d’arrivée et naviguait à de 8 nœuds, dans un vent de l’ordre de 15 nœuds de secteur Est. Il devrait donc normalement franchir la ligne en vainqueur demain en fin de journée, prenant sa revanche sur l’édition 2005 où il avait démâté peu après l’équateur et avait rejoint Bahia sous gréement de fortune.

 

Mais des surprises sont encore possibles … En effet, plusieurs bateaux n’ont pas été localisés aujourd’hui, suite à des dysfonctionnement en cascade de balises de positionnement satellite. Et parmi ces bateaux on trouve notamment David SINEAU (2ème au dernier pointage, hier matin, ou Nick BRENNAN, 4ème hier midi). On se retrouve donc un peu dans la même situation d’avant l’avènement du positionnement satellite et de la vénérable balise Argos, où jusqu’au dernier moment régnait l’incertitude sur le vainqueur de la course. Il y a eu ainsi des moments forts, restées dans la mémoire de tous et qui ont aussi contribué à l’engouement populaire pour les grandes courses transatlantiques à la voile : la victoire d’Eric TABARLY dans la transat anglaise en 1964, où tout le monde attendait Sir Francis Chichester, et encore plus en1976, où le duel entre Pen Duick VI, conçu pour être manœuvré par un équipage de 15 gaillards et Alain Colas et son géant Club Méditerranée est entré dans l’histoire, et puis l’image qui marque véritablement l’entrée dans l’ère de la course au large moderne, le petit trimaran jaune de Mike BIRCH fondant sur le grand monocoque noir de Michel MALINOVSKI lors de la première route du Rhum, en 1978.

 

L’arrivée de la Transat 6.50 2007 ne devrait pas atteindre toutefois ces moments d’intensité, l’incertitude planant sur l’ordre exact d’arrivée étant beaucoup plus limitée : de fait, les dernières positions avant l’arrêt des balises devraient rester figées, dès lors que les dernières centaines de milles à parcourir (environ 200 milles pour le leader) vont se courir pour tous sur le rythme d’un sprint, tout dessus au reaching. Et depuis 24 heures, c’est LE BLEVEC qui accentue son avance sur ses poursuivants localisés.

 

Mille milles en arrière, Ville du Tréport est enfin sorti du pot au noir et recommence à tracer son sillage en direction de baie de tous les Saints, à 6 nœuds. Aucun pointage n’est disponible ce soir (toujours les problèmes de positionnement que l’organisation essaie de résoudre au plus vite), mais à midi David était toujours en 22ème position, légèrement plus à l’est que la majorité des autres skippers, ce qui devrait constituer un avantage dans les heures à venir.

Il n’est plus qu’à 1° 53 ‘ 75 ‘’ de latitude nord et devrait très bientôt franchir l’équateur . S’il a déjà traversé l’Atlantique, ce sera la première fois qu’il navigue « la tête en bas », mais probablement pas la dernière (de grands projets attendent en effet David dès son retour en France, avec beaucoup de travail en perspective pour l’année à venir, on en reparlera).

Bien que la navigation astronomique se soit quelque peu perdue depuis l’autorisation du GPS par la classe Mini, les marins peuvent désormais contempler chaque nuit au-dessus d’eux la Croix du sud, alors que le sillage retrouvé de leur bateau univers scintille sous les étoiles.  

 

Bonne nuit et à demain,

 

Eric

21 octobre 2007 – Ville du Tréport dans Voiles et Voiliers

 

 

 

Bonjour à tous,

 

Ouvrez le magazine Voiles et Voiliers à la page 75 et admirez !

Une parfaite photo de promotion, type carte postale : sous grand spi dans le soleil couchant, le logo « ville du Tréport » bien visible dans la grand-voile.

 

David m’avait laissé entendre qu’une des photos prises lors de la première étape par une photographe professionnelle pourrait bien paraître dans le magazine, mais c’est toujours sympa de voir son bateau préféré dans un mensuel national.

 

Sinon, quelques nouvelles de la nuit : David à perdu une place, scotché par les derniers assauts du pot au noir qui n’a pas envie de voir s’échapper les derniers minis, mais a maintenant repris une route normale, à un peu plus de 3 nœuds. Au vu des fichiers météo, on peut espérer que Ville du Tréport sorte enfin de la zone de convergence intertropicale dans la journée (bon, la validité des prévisions météo dans cette zone est quand même plutôt aléatoire, mais il faut bien y croire un peu).

 

A ce soir pour confirmer,

 

Eric

21 octobre 2007 : un pot au noir qui n'en finit pas

Bonsoir,

 

Décidément, le pot au noir persiste à emprisonner une petite moitié de la flotte de la Transat 6,50, en s’étendant très sud. Les vents au-dessus du zéro de latitude nord (l’équateur) restent très faibles (5 à 10 nœuds) et les bateaux ont bien du mal à sortir de la zone. Ville du Tréport a repris toutefois un peu de vitesse depuis hier et navigue ce soir à 4,3 nœuds, se maintenant en 22ème position.

La nuit va, une nouvelle fois, être très longue pour les coureurs. Même si après 15 jours de mer ils ont maintenant pris le rythme du grand large, les conditions très spéciales rencontrées dans le pot au noir nécessitent une vigilance permanente, tant pour surveiller les signes annonciateurs du vent (variations du baromètre, nuages, risées sur la surface de l’océan), que pour anticiper les grains. Mais la fatigue qui s’accumule peut aussi entraîner une baisse de lucidité, et c’est dans ces moments que l’expérience et le mental sont déterminants.

 

Remarque que j’en connais qui ne doivent pas se reposer beaucoup non plus en ce moment, entre deux biberons … n’est ce pas, Christine et Nico !

 

30 bateaux avaient franchi l’équateur à 18 heures, tandis que le dernier, l’espagnol Hugo RAMON, n’est pas encore entré dans la zone de convergence intertropicale (il avait du faire une longue escale aux Canaries suite à diverses avaries : barre de flèche cassée, panneaux solaires arrachés, aériens de tête de mât emportés).

 

En tête de la course, Yves LE BLEVEC est désormais à moins de 400 milles de Bahia et glisse à 8 nœuds le long des côtes brésiliennes, à une soixantaine de milles sur son tribord. Il est maintenant sous la « corne » du Brésil et c’est la dernière ligne droite avant la baie de tous les Saints, dans laquelle il devrait entrer mardi en fin d’après-midi .

 

En série, le leader Hervé PIVETEAU est 13ème au classement général et se situait au pointage de 18 h à 767 milles de Bahia. Mais l’alizé de sud-est tant annoncé reste mou, la faute à une dépression centrée sur le nord du Brésil. Les bateaux les plus à l’est de l’orthodromie sont avantagés, naviguant vent de travers, tandis que ceux restés à l’ouest (et qui ont été moins touché par le pot au noir) payent maintenant leur option de route en étant contraint de naviguer plus près du vent. David semble avoir bien anticipé ce phénomène, puisqu’il s’est décalé à l’est de la route depuis quelques jours (même si en ce moment cela est plutôt un handicap).

 

A demain,

 

Eric

20 octobre 2007 - comme un avant goût du Brésil

Bonsoir,

 

Yves LE BLEVEC a dépassé dans la journée l’archipel brésilien de Fernando de Noronha et entame le dernier sprint vers la baie de tous les Saints, distante de 600 milles.

 

Né il y a 12 millions d’années d’une éruption volcanique sous-marine, l’archipel de Fernando de Noronha se situe au large des côtes brésiliennes, par 03° 54′ de latitude sud et 32° 25′ de longitude ouest (à 360 km de Natal). Il se compose de 21 petites îles, dont la principale et la seule habitée (seulement 17 km² et 4 km dans sa plus grande largeur) donne son nom à l’archipel.

Le climat est tropical, avec une saison sèche bien marqué et dominé par un climat  océanique, avec une température moyenne de l’ordre de  25 ° (mini 18 °, maxi 31 ° : et dire qu’ici il commence à geler le matin …).

Les eaux chaudes de l’archipel sont particulièrement riches en faune : outre les nombreuses espèces de poissons tropicaux qui affectionnent les coraux, deux espèces de tortues marines fréquentent les eaux de l'archipel de Noronha. La tortue verte (ou « aruanà ») qui vient se reproduire sur les plages entre décembre et mai, et la « tourtoise », espèce menacée à cause de son écaille. On y trouve aussi les dauphins rotadores (Stenella longirostris : dauphins à long rostre), des raies, des requins …

Fernando de Noronha est  également un abri a part entière pour les plus grandes colonies d’oiseaux marins de l'Atlantique Sud Tropical, avec notamment quatre espèces de pélicans, le rabos-de-junco, les « viuvinha », sans compter de nombreux oiseaux migrateurs qui viennent se reposer et se nourrir sur les îles, après de long parcours depuis l'Hémisphère Nord.

L'archipel de Fernando de Noronha a ainsi été le centre d'intérêt de nombreux scientifiques, qui se sont consacrés à l’étude de sa faune et de sa flore ( Pocock en 1890, Bjornberg en 1954, Lopes et Alvarenga en1955, Almeida en 1958 ou Paiva en 1967. Charles Darwin y effectua également un séjour en 1832.

Particulièrement conscientes de la richesse de leur faune et de leur flore, les autorités ont déclaré le site aire de préservation de l’environnement depuis 1988. Un parc national marin a été créé et le développement du tourisme est très contrôlé, da façon à ne pas nuire au milieu naturel. Chaque touriste acquitte ainsi  une taxe de 10 € par jour, destinée au financement d’opérations de préservation de ce sanctuaire écologique et   : un parfait modèle de développement durable.

A ce titre, l’archipel de Fernando de Noronha a obtenu en 2002 le titre de patrimoine mondial de l’humanité décerné par l’UNESCO.

 

 

Désormais territoire fédéral, intégré à l’Etat du Pernambouc depuis 1988, l’archipel de Fernando de Noronha aurait été découvert en 1500 par le navigateur Portugais Gaspar de Lemos, commandant d'un des navires de la flotte de Pedro Álvares Cabral, au cours de l’expédition  qui découvrit le Brésil (la « quaresma »). Les îles tirent leur nom du commandant d’une expédition effectuée en 1501-1502, Fernão de Loronha.

Mais c'est l'Italien Amerigo Vespucci qui, en 1503, fit la première description de l'archipel.

 

Donné par décret du 16 février 1504 de D. Manuel I à Fernão de Loronha, l’archipel est envahi par les anglais en 1534, puis en 1556 par les français (c’est le moment de réviser son histoire des conquêtes maritimes).  En 1628, c’est au tour des hollandais d’envahir les îles, délogés deux ans après par les portuguais. En 1635, les hollandais reprennent le contrôle de l’île et y construisent plusieurs fortifications, toujours visibles aujourd’hui. Abandonnée 19 ans plus tard, l’archipel devient dépendance de la Capitainerie de Pernambuco puis est occupée en 1736 par les Français de la Société Française des Indes Orientales, qui renomment l’île « Isle Dauphine ». Cette présence française est de courte durée, les portuguais réoccupant de façon définitive l'archipel à partir de 1737.

De nouvelles fortifications sont construites et une administration militaire se met en place, qui durera jusqu’en 1987, et l’île devient un centre de détention. La préservation de l’environnement n’est alors pas une priorité et une grande partie de la forêt primaire est abattue afin d’éviter les évasions, avec des conséquences encore visibles aujourd’hui.

Aujourd'hui peuplée de descendants des prisonniers politiques ou de droit commun et des militaires, Fernando de Noronha vit d’une exploitation raisonné du tourisme, à l'intérieur des limitations imposées par son délicat écosystème, et de la pêche artisanale.

(sources : site officiel du ministère du tourisme brésilien (braziltour.com), wikipédia et site de l’hôtel Pousada do Frances (www.noronha.info/noronha_fr.html)

 

 

Il sont ce soir 15 bateaux à avoir franchi l’équateur, le quinzième au classement général étant Hervé PIVETEAU, 1er bateau de série : sacré performance que d’accrocher les protos.

 

Les bateaux de tête ont touché le léger renforcement attendu des alizés de sud-est (moins de 15 nœuds) et naviguent tous entre 7 et 8 nœuds, ce qui permet d’envisager une arrivée à Bahia pour LE BLEVEC dans la journée de mardi. Yves devrait cette fois franchir la ligne d’arrivée de cette seconde étape en vainqueur, sur son nouveau bateau conçu par l’architecte Marc LOMBARD et dont le dessin de la carène à été optimisé pour cette dernière ligne droite au vent de travers.

 

Isabelle JOSCHKE, qui a du céder sa place de leader suite à la casse de son bout-dehors entre les Canaries et l’archipel du Cap Vert il y a 10 jours, est revenue en 46ème position au classement général après son escale à Mindelo, mais accuse 587 milles de retard : dur pour le moral, alors que tout avait si bien commencé avec sa victoire dans la première étape. Sam MANUARD est exactement dans le même cas (50ème à 1 095 milles), ce qui montre une fois encore que même les meilleurs, sur les bateaux les mieux préparés, ne sont pas à l’abri d’une avarie mécanique qui met un terme à leur ambition légitime.

 

En parlant d’avarie, Adrien Hardy qui avait déclenché sa balise pour signaler un problème technique a apparemment réparé seul, puisqu’il a repris une route normale, à une vitesse 8,6 nœuds au pointage de 18 h. Mais quel que soit le souci qu’il ait connu, cela lui à coûté sa deuxième place et il accuse 234 milles de retard sur Yves LE BLEVEC. Rien n’est donc encore joué, et tant que les bateaux n’auront pas franchi la ligne d’arrivée les skippers seront toujours à la merci d’une casse.

 

En 56ème place au classement général et à 619 milles du leader, David maintient sa place de 21ème en série, mais est toujours aux prises avec la zone de convergence intertropicale : il affiche une vitesse quasi nulle ce soir.  En fait, le pot au noir s’est déplacé dans l’est et a stoppé net les minis ayant opté pour une route est entre le 2ème et le 3ème  parallèle. Toutefois, ce décalage à l’est de la route directe reste à priori une bonne option pour la dernière partie de la course, puisqu’il permettra d’avoir un meilleur angle de descente sur Bahia … à condition que cette situation ne dure quand même pas trop longtemps. C’est vraiment le genre de moment où il faut réussir à rester zen et garder le moral, ce qui n’est pas évident après 14 jours de mer, quand la fatigue commence à s’accumuler.

Allez, courage, encore 1 ou 2 degré de latitude à gagner dans le sud et les navigateurs vont devoir se réhabituer à la gîte.

 

Bonne nuit (pour nous les terriens. Les ministes, faudra encore attendre quelques jours …)

 

Eric

 

20 octobre 2007 - encore une nuit dans la ZCIT

Bonjour,

juste une petite news pour faire le point sur la nuit :

Ville du Tréport est passé en 22ème position, dépassant deux autres bateaux dans la nuit et trace sa route plein sud, à près de 5 noeuds. David ne lâche rien et ne doit pas beaucoup dormir en ce moment ...

D'après les fichiers météo de ce matin, l'alizé de sud-est reste faible autour de l'équateur (autour de 10 noeuds), ne se renforçant 15 noeuds qu'à la hauteur du Brésil.

Chez les protos, Yves LE BLEVEC a encore accru son avance (73 milles sur David SINEAU et  116 milles sur l'australien Nick BRENNAN). Il devrait finalement dépasser l'île de Fernando Do Noronha dans la matinée !

A ce soir,

Eric

19 octobre 2007 – Chassés Croisés dans le pot au noir

Bonsoir,

 

Les uns avancent, les autres reculent … c’est le sort que réserve le pot au noir aux marins de la Transat 6,50, avec ses sautes d’humeur : pétole par ci, grain par là.

A ce jeu, David s’en sort vraiment bien jusqu’à présent et pointe ce soir en 24ème position, tandis que d’autres ont souffert ces dernières heures. En série, si Hervé PIVETEAU conserve sa première place, Stéphane LE DIRAISON recule ainsi à la 4ème place, à près de 53 milles. Francisco LOBATO, 3ème encore il y 72 heures est désormais en 12ème position et Mathieu SANNIE passe de la 4ème à la 10ème place ! Mais ces reculs au classement s’expliquent aussi par le cap plus est suivi par ces skippers, qui anticipent le retour des alizés de sud-est. Ils pourront ainsi ouvrir plus les voiles que leurs petits copains de l’ouest et ne devraient pas tarder à toucher le bénéfice de leur option.

 

Mais dans l’immédiat, le tchèque David KRIZEK profite de sa route ouest (le plus à l’ouest des bateaux de série) pour maintenir une vitesse légèrement supérieure et remonte à une belle 3éme place (mais par contre il va se trouver pénalisé dès que les bateaux toucheront les alizés, car il devra faire route plus près du vent pour parer la marque de parcours de l’île de Fernando Do Noronha).

Il faut d’ailleurs noter les performances des skippers étrangers, qui sont 4 dans le top 10 série ce soir : outre David KRIZEK, on trouve ainsi en seconde position l’espagnol Gérard MARIN JULIA, et deux néerlandais, Koën VAN ESCH et Lucas SCHRODER aux 8ème et 9ème places : la mini est véritablement une course internationale, et les marins français ne sont désormais plus les seuls à régner sur les courses au large en solitaire.

 

Pendant ce temps, la tête de la course navigue maintenant la tête en bas, au reaching dans les alizés retrouvés. Yves LE BLEVEC a franchi l’équateur à 5 h 39 ce matin et assume son statut de leader avec 64 milles d’avance sur David SINEAU. Il est ce soir le plus rapide de la flotte, et n’est plus  maintenant qu’à 800 milles de l’arrivée. Il devrait probablement laisser l’île de Fernando Do Noronha à tribord d’ici 24 heures et on commence à pouvoir envisager son arrivée à Bahia pour mercredi prochain.

Il faudra par contre beaucoup plus de temps pour que l’ensemble des 83 bateaux encore en course (sur 89 au départ de La Rochelle) franchisse la ligne d’arrivée : la flotte s’étale en effet sur 1 070 milles en latitude (Ville du Tréport étant à 509 milles d’Yves LE BLEVEC et à 1 328 milles de Bahia) et sur près de 300 milles en longitude. De fait, les bateaux sont éparpillés au milieu de l’océan Atlantique sur une superficie équivalente à 2 fois la France … On comprend alors mieux les exigences des autorités maritimes vis-à-vis du nombre de bateaux accompagnateurs nécessaires pour assurer la sécurité de la course, d’autant plus que les skippers ne disposent d’aucun moyen de communication à longue distance (la portée de la VHF étant limitée par la courbure terrestre). Ainsi l’organisation de course ne connaît toujours pas ce soir l’origine des problèmes de Adrien HARDY (qui a activé depuis plus de 24 heures sa balise pour signaler qu’il avait un souci technique, mais qu’il gérait) et l’on ne connaîtra la nature de son avarie que lorsque le 60’ Max HAVELAAR sera à portée.

C’est encore un autre bateau accompagnateur célèbre, l’Esprit d’Equipe (le seul bateau français à avoir jamais remporté, sous le commandement de Lionel PEAN, la mythique Whitbread, la course autour du monde en équipage, devenue depuis la Volvo Ocean Race) qui a été prendre des nouvelles ce matin de Thomas COUBES, qui était muet sur les ondes depuis une semaine suite à une panne de VHF.

 

A demain

 

Eric

18 octobre 2007 – Bientôt l’hémisphère sud pour les premiers

En effet, les premiers protos ont, enfin, réussit à s’échapper du pot au noir et commencent à allonger la foulée en direction du Brésil . Yves LE BLEVEC et ses poursuivants immédiats, David SINEAU, Ronan DESHAYES et l’australien Nicholas BRENNAN devraient basculer de l’autre côté de la planète dans la nuit en touchant les alizés.

Et les premiers à sortir de la ZCIT vont rapidement accentuer leur avance sur le reste de la flotte, qui reste désespérément engluée dans un pot au noir qui ne semble pas décidé à lâcher si facilement les petits bateaux de la transat 6,50 (d’ici une vingtaine de jours, ce sont les multicoques de 60 pieds de la Transat Jacques Vabre qui emprunteront la même route).

L’écart qui va se creuser sera alors très difficile à combler, la route vers Bahia dans les alizés de sud-est ne laissant que peu de perspectives d’option.

Toutefois, comme le fait remarquer justement la direction de course, l’histoire des précédentes éditions de la Transat 6,50 a été riche en bouleversements de dernières minutes à vue des lumières de Salvador : Yves LE BLEVEC en sait quelque chose, lui qui avait démâté juste après avoir franchi l’équateur il y a deux ans, alors qu’il menait la course.

Voici ce qu’il confiait après son arrivée sous gréement de fortune : « Depuis le départ de Lanzarote nous n’avions eu droit qu’à du vent au portant avec une mer bien formée en arrivant sur l’Equateur. On s’est retrouvé rapidement avec des vents de travers et naviguer au près dans ces conditions est très exigeant pour le bateau. D’un coup, mon mât s’est véritablement cassé ».

 

On ne lui souhaite absolument pas de revivre la même mésaventure, mais c’est le risque qu’encourent les skippers dont leur monture retrouve une allure travers au vent et à la mer pour la fin du parcours, alors que la descente depuis La Rochelle s’est faite au portant. Les bateaux ont soufferts dans les conditions musclées rencontrées entre Madère et l’archipel du Cap-Vert et les grains soudains du port au noir peuvent aussi avoir accéléré l’a fatigue générale du gréement. Et comme c’est la dernière ligne droite et qu’ils sont tous régatiers dans l’âme, ils ne vont rien lâcher avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée et mener leur bateau au maximum.

 

En attendant le moment tant espéré de la sortie de la zone de convergence intertropicale, les bateaux de série font à leur tour des ronds dans l’eau. La vitesse de David est ainsi passée ce soir à 3,2 nœuds, mais il est bien revenu dans le jeu et pointe en 26ème position, à 172 milles de Hervé PIVETEAU (contre 218 milles hier soir). En fait, il sont une dizaine de bateaux à se tenir en une vingtaine de milles, ce qui ne représente pas grand-chose au vu des 1 300 milles restant encore à parcourir pour entrer dans la Baie de tous les Saints.

 

En photo, un lever de soleil typique dans le pot au noir, prise par le bateau accompagnateur « Max Havvelar » (l’ancien 60’ de Benoît PARNAUDEAU avec lequel il a couru le Vendée Globe et qu’il a mis à la disposition de l’organisation de course quelques jours seulement avant le départ, pour satisfaire aux demandes des autorités maritimes d’augmenter le nombre de bateaux suiveurs pour permettre aux concurrents sur liste d’attente –dont Yves LE BLEVEC ! – de partir).

 

Par ailleurs, à voir absolument, la vidéo « Esprit Mini es-tu là ? – Mini Transat 2007 » sur le site du collectif Ricochet 17 : 16 minutes pour tout comprendre du fameux « esprit mini », qui fait que cette classe de bateaux ne sera tout à fait pareille aux autres :

 

http://www.ricochets17.com/              (puis onglet vidéos)

 

Et pendant que vous êtes sur leur site, profitez en pour jeter également un coup d’œil sur les autres vidéos de mini, c’est sympa … le seul problème, c’est qu’après on ne pense plus qu’à ça !

 

Bon, je vais aller rêver mini,

 

A demain,

 

Eric

17 octobre 2007 – Rackham le rouge à l’entrée du Pot au noir

Bonsoir,

David est revenu ce soir à la 27ème position, continuant de grappiller des milles sur la tête de la flotte (il est revenu à 217 milles du leader en série, alors qu’hier soir à la même heure il comptait encore 293 milles de retard), et surtout continue d’afficher une des plus belles vitesses de toute la flotte « série » : 6,4 nœuds à 18 heures, alors que les effets du pot au noir se font déjà sentir. C’est pas le moment de faiblir David, encore 121 milles à rattraper pour entrer dans les 10 !

 

Au petit jeu de la grande loterie du pot au noir, Stéphane LE DIRAISON à du céder sa première place à Hervé PIVETEAU, qui à repris un léger avantage de 5 milles, alors qu’hier c’était exactement le contraire.

 

Adrien HARDY, jusqu’alors solide second au classement général, à activité sa balise sur mode « problème technique » et a rétrogradé de 5 places dans la journée. Ce soir,  le trio de tête est composé de l’inévitable Yves LE BLEVEC, David SINEAU et Ronan DESHAYES (a noter que « Bretagne Lapins » détient le record de vitesse instantanée du jour, avec 14 nœuds au compteur : gros grain juste au-dessus !).

Ceux-là devraient enfin toucher dans la soirée les alizés de sud-est (enfin, sur les cartes météo de la NOAA, ils sont plutôt sud-sud-ouest en ce moment sur zone, ne s’orientant réellement à l’est qu’une fois passé l’équateur : un peu de près pour changer, les bateaux et les skippers vont devoir de réhabituer à vivre penchés). Il vont enfin voir de nouveau un sillage derrière leur bateau : gros plaisir après ces quelques journées d’enfer, mais ils vont aussi pouvoir accentuer leur avantage et creuser l’écart avec ceux qui sont encore emprisonnés dans le pot au noir.

 

En fait, le phénomène météorologique connu des navigateurs sous l’appelation « Pot au noir » dans l’Atlantique s’étend sur l’ensemble de la ceinture terrestre et joue un rôle très important dans le climat mondial, ainsi que l’explique Météo France:

 

"Les alizés de l'hémisphère Nord, qui soufflent vers le sud-ouest, et ceux de l'hémisphère Sud, orientés vers le nord-ouest, se rencontrent dans les régions équatoriales en formant tout autour du globe un flux convergent qui surmonte une zone méridienne appelée pour cette raison la zone de convergence intertropicale (en abrégé, la ZCIT ). Des valeurs particulièrement élevées de la température caractérisent sur cette zone la basse troposhère , mais aussi la surface terrestre, et là où cette surface est en outre très humide (sur l'océan  mais également dans les forêts tropicales), l' atmosphère chargée de chaleur et de vapeur d’eau forme d'énormes systèmes convectifs parsemés de foyers orageux et fréquemment parcourus de grains ; pareils systèmes, auxquels les marins ont donné le nom de pot au noir , marquent en fait la localisation des parties inférieures des cellules de Hadley , et la convergence du mouvement horizontal de l'air s'y résout en de puissantes ascendances soulevant la tropopause jusqu'à plusieurs kilomètres au-dessus de son altitude moyenne globale.

La trace au sol de la ZCIT correspond à une aire de basses pressions qui, très grossièrement, suit l'équateur géographique ; plus précisément, les moyennes annuelles de ces pressions se répartissent suivant un thalweg dont l'axe, appelé l' équateur météorologique, est situé aux alentours de 5 degrés de latitude nord. Mais la position de cette trace au sol varie très sensiblement au cours de l'année, puisqu'elle tend à suivre le mouvement apparent du soleil , vers le nord en été, puis vers le sud en hiver, avec un retard de l'ordre de six semaines ; ces fluctuations sont dans l'ensemble moins importantes sur les océans que sur les continents, où la ZCIT est en outre plus difficilement repérable, en raison d'une moindre régularité des vents. C'est en janvier que la ZCIT atteint sa position la plus méridionale : elle descend alors profondément sur l'Afrique du Sud-Est, jusque vers 15 à 20 degrés de latitude, et reste enfoncée dans l'hémisphère Sud sur l'océan Indien où elle marque la frontière de la mousson d’hiver ; en juillet, au contraire, la ZCIT atteint sa position la plus septentrionale et dessine très haut vers le nord les frontières de la mousson d’été au-dessus de l'Afrique sahélienne et de l'Asie du Sud-Est, frontières qui, sur le sous-continent indien, font face à l'Himalaya.

Comme le confirment les images satellites des bancs de cumulonimbus intertropicaux, l'activité de la ZCIT n'est en réalité ni continue ni régulière, que ce soit en étendue ou en intensité. La largeur de cette zone, de quelques centaines de kilomètres en moyenne, varie considérablement dans le temps et l'espace, et il arrive que son tracé se scinde en deux branches entourant une zone de calme, comme cela apparaît par exemple en hiver, de façon systématique, sur le Pacifique sud-ouest. D'autre part, là où les alizés d'un hémisphère (ou bien les vents qui les prolongent) transportent de l'air venu du continent tandis que ceux de l'autre hémisphère transportent de l'air océanique — plus humide et moins chaud que l'air continental — , les contrastes de température et d' humidité entre les deux masses d’air ainsi transportées s'ajoutent aux différences de direction entre vents des deux hémisphères pour établir un front quasi permanent appelé front intertropical (en abrégé FIT ) ou aussi front équatorial ; cette zone frontale est particulièrement active en été dans l'arrière-pays du golfe de Guinée, où elle diffuse les pluies de mousson entre l' harmattan, qui souffle du nord-est après avoir traversé le Sahara, et les vents issus des alizés de sud-est, qui transportent de l'air très humide et plus frais en provenance de l'Atlantique et qui recourbent leur direction, après le passage de l'équateur, jusqu'à souffler depuis le sud ou parfois même le sud-ouest".

 

(source : site Météo France) 

 

En photo, la carte satellite de ce soir à 18 heures : on voit bien le paquet de nuages au beau milieu de l’atlantique, qui barre la route vers le Brésil. Le Pot au noir, qui était annoncé il y a une semaine comme peut marqué, a complètement changé de physionomie et est maintenant beaucoup plus étendu.

 

Pour les marins, cela a pour conséquence de mettre leur moral et leur endurance physique à l’épreuve. Même si le spectacle qui se dégage de cette zone est magnifique, avec des nuages d’orage d’un noir que l’on ne rencontre que là bas et des lumières à faire rêver bien des peintres, il faut une volonté en acier inoxydable pour trouver l’énergie de continuer à faire avancer son bateau. Les calmes plats usent les nerfs, alors que la girouette tourne sur elle-même, ne sachant d’où vient le vent et que la bôme devient une ennemie à force de balayer le cockpit. Mais l’absence de vent est aussi épuisante physiquement : il faut en effet sans cesse manœuvrer, régler les voiles, matosser pour faire gîter le bateau, alors que la température avoisine allègrement les 40 ° … tout en restant vigilant aux grains soudains qui peuvent facilement envoyer le bateau au tapis si on se fait surprendre avec tout dessus. Le risque de casse est alors grand et c’est probablement ce qui est arrivé aujourd’hui à Adrien HARDY.

Les seuls avantages de ces grains sont de pousser les bateaux petit à petit vers l’hémisphère sud, de rafraîchir momentanément l’atmosphère et, aussi, très important, de permettre aux skippers de prendre une bonne douche ! Il ne faut pas oublier qu’ils n’ont pas du avoir beaucoup l’occasion de se laver depuis le départ de Madère et que le niveau de confort d’un mini est … minimaliste ! (par contre, il faut être rapide : dès qu’un nuage se pointe, vite tout affaler, attraper au vol le gel douche et se savonner dès les premières gouttes de pluie, au risque de devoir attendre le prochain grain pour pouvoir se rincer …).

 

A demain,

 

Eric

16 octobre 2007 - Orage, Oh désespoir !

La zone de convergence intertropicale qui descend très bas dans le sud joue avec les nerfs des skippers … Ils doivent concentrer toute leur attention pour traquer le moindre souffle d’air, manoeuvrer sans cesse, mais faire tout autant attention à ne pas se laisser surprendre par un grain soudain avec tout dessus, au risque de subir des avaries graves.

Depuis ce matin, la quinzaine de bateaux qui se sont détachés du reste de la flotte ont mis de l’est dans leur cap afin d’essayer de trouver le plus vite la sortie du pot au noir, mais également se positionnent pour aborder les alizés de sud-est avec l’angle le plus favorable.

En effet, pour atteindre Bahia les bateaux doivent faire un cap au sud-ouest et le vent va revenir par le sud-est : les spis vont retrouver leur sac, place au code 5 ou au gennaker !

 

Yves LE BLEVEC, toujours en tête, a cependant concédé la moitié de son avance, Adrien HARDY étant revenu à moins de 29 milles dans son tableau arrière, lui-même étant suivi comme son ombre par le « Bretagne Lapins » de David SINEAU.

 

Ces trois là sont ce soir exactement en plein milieu de l’Atlantique : 800 milles à gauche pour atteindre les côtes africaines, 800 milles à droite vers les premières plages brésiliennes du Nordeste.  Et la première terre à venir n’est pas l’archipel de Fernando do Noronha mais bien l’archipel de Sao Pedro e Sao Paulo, qui est exactement à 250 milles dans l’étrave d’Yves  LE BLEVEC. Un archipel méconnu constitué de cinq îles majeures dont Belmonte, Challenger, Cabral, Nordeste et de nombreux rochers immergés… Dernier détail : le point culminant est à… 18 mètres. Autant dire que le way-point est intéressant à noter sur son GPS et qu’il est hasardeux de compter sur ses petits yeux fatigués pour le repérer.

 

En série, le duel continue entre Stéphane LE DIRAISON et Hervé PIVETEAU, même si Stéphane a repris un léger avantage au cours de la nuit dernière.

 

A noter également la belle bagarre des filles, entre Bénédicte GRAULLE (17ème, Laurence CHATEAU (18ème) et Véronique LOISEL (21ème) qui se tiennent en moins de quinze mille.

 

Toujours 29 ème ce soir, David a toutefois repris 6 milles au cours des dernières 24 heures et navigue toujours à 7,5 nœuds, légèrement à l’ouest de l’orthodromie. Il devrait probablement infléchir lui aussi sa route vers l’est au cours de la nuit, pour aborder le pot au noir dans les meilleures conditions (même si la ZCIT est normalement plus étendue à l’est de l’Atlantique qu’à l’ouest, tenter de contourner cette zone par l’ouest signifierait aussi se retrouver au bon plein pour faire route vers le Brésil.

 

Il devrait commencer à sentir les premiers effets du pot au noir dans la journée de demain et doit déjà apercevoir les lourds nuages d’orage.

 

A demain pour un petit cours abrégé de météo sur la ZCIT,

 

Eric

15 octobre 2007 - Ville du Tréport à l'attaque

Comme cela se sentait déjà hier soir, Ville du Tréport est bien décidé à refaire son retard : 2 places de gagnées dans la nuit et il continue d’allumer : 7,5 nœuds au speedo ce soir, alors que l’alizé se maintient encore entre 10 et 15 nœuds, de secteur nord-est. Rackham a l’air de bien aimer le grand largue ! Il tient une des vitesses les plus élevées des bateaux de série et revient peu à peu dans le match.

Le ralentissement des bateaux à l’approche du pot au noir va avoir pour effet un relatif tassement des positions, mais inversement ceux qui réussiront à négocier au mieux cette zone de vents incertains et de grains violents vont aussi toucher les premiers le retour des alizés de l’hémisphère sud.

Yves LE BLEVEC, leader incontesté, a réussit à maintenir une vitesse de près de 5 nœuds et a franchi le 7ème parallèle : bientôt l’équateur … Derrière lui, la chasse s’organise, entre Adrien HARDY, toujours second et David SINEAU en proto et Stéphane LE DIRAISON et Hervé PIVETEAU en série. Ces deux là ne se quittent plus depuis hier et sont toujours à moins d’un mille l’un de l’autre. Pour un peu, ce serait presque du match race !

Pour tous, la nuit va encore être longue : pour ceux qui entrent dans la zone ce convergence intertropicale et qui vont devoir essayer de grappiller quelques précieux milles dans un vent évanescent, tout en surveillant les grains menaçants qui peuvent soudainement envoyer au tapis un mini surtoilé ; et pour ceux qui, derrière, s’accrochent pour revenir sur la tête de la course en espérant que le pot au noir redistribue un peu les cartes. Et la fatigue accumulée depuis ces 9 jours de course dans un alizé musclé doit commencer à laisser de sérieuses traces sur l’organisme des skippers, alors qu’il leur faut redoubler de lucidité.

 

Des nouvelles encourageants d’Isabelle JOSCHKE et de Sam MANUARD, deux des animateurs de la première étape et favoris tous deux au départ de La Rochelle, qui sont repartis de Mindelo après avoir réparé. Mais comme annoncé dans les news précédentes, São Vicente marquera la fin de l’aventure pour plusieurs ministes, contraints à l’abandon .

 

A demain soir,

 

Eric

14 octobre 2007 - Destination Bahia

Bonsoir,

 

Finalement, David ne s’est pas arrêté à Mindelo et poursuit ce soir sa route vers le Brésil, plein vent arrière à 8 nœuds de moyenne. Quel que soit le problème qu’il a eu à subir, il semble que maintenant tout soit remis en ordre et qu’il est à l’attaque : plus que 2000 milles d’océan devant l’étrave avant la prochaine terre !

 

Ville du Tréport fait cap ce soir au sud-ouest, ce qui semble la meilleure tactique pour aborder le pot au noir, moins étendue dans sa partie ouest. Par contre, cela signifie aussi que, une fois la ZCIT franchie, il abordera l’alizé de sud-est plus vent de travers que ceux qui tentent de passer à l’est.

 

Difficile pour l’instant de dire quelle est la bonne option, tant le franchissement du pot au noir ressemble un peu à une grande loterie : à quelques centaines de mètres près, certains ont du vent (parfois même trop), tandis que d’autres sont totalement scotchés sur l’eau, les voiles fasseyantes. Il faut avoir les nerfs solides … et aussi un peu de chance. Et il faudra que David ait ce petit coup de chance pour espérer refaire une partie de son retard, mais c’est aussi cela la course au large : rien n’est joué d’avance.

 

En tête de la course, Yves LE BLEVEC devrait aborder le pot au noir dans la nuit. Son avance accumulée sur ses poursuivants (87 milles sur Adrien HARDY) devrait lui permettre de conserver sa place de leader sans difficulté. Pour l’instant, il est bien parti pour exploser le record de l’épreuve, mais après tout n’est-il pas un habitué des records à la voile ? En effet, il faut rappeler qu’il est détenteur du trophée Jules Verne (le tour du monde en équipage) sur le maxi catamaran Orange II de Bruno PEYRON en 50 jours et 16 heures, record établi en 2005.

 

En série, le premier skipper est toujours ce soir Hervé PIVETEAU (en 13ème position au général, à 161 milles de LE BLEVEC), mais il navigue à vue de Stéphane LE DIRAISON. Et ce dernier, qui a remporté la première étape entre La Rochelle et  Madère, est de fait devant au classement cumulé : la nuit va être longue pour les deux skippers, qui vont surveiller leurs feux de tête de mât.

 

Une bonne nouvelle pour les admirateurs d’Isa : elle devrait reprendre la mer dès ce soir.

 

Une erreur de ma part dans la précédente news : la ville de Mindelo est située sur l’île de São Vicente et non sur Santo Antão. Désolé pour les éventuels lecteurs Cap-Verdiens de cette grossière erreur de topographie !

 

En complément à la news d’hier sur l’histoire du Cap-Vert, ces îles nous offrent une vraie culture musicale, avec des artistes mondialement connus, la principale étant Cesaria Evora, plusieurs fois disque d’or et récompensée aux Grammy Awards et aux Victoires de la Musique et qui réside à Mindelo.

Dommage pour les skippers contraints de faire escale : elle est en ce moment en concert à Moscou …

 

Pour les amateurs de musique du monde, un petit détour s'impose par le site suivant, qui vous permettra d'écouter divers extraits des artistes locaux :

 

http://www.mindelo.info/musique_radio.php

 

 

Mindelo possède enfin également un point commun avec Bahia et le Brésil : chaque mois de février, un carnaval très coloré envahit les rues de la ville, au son des trompettes et des percussions.

 

Pour finir, pour ceux qui veulent découvrir en photos le Cap-Vert, je recommande le site suivant :

 

http://www.mindelo.info/forum/album.php

 

 

Bonne nuit,

 

Eric

14 octobre 2007 – Enfin le Cap Vert

Bonjour à tous,

 

L’alizé de nord-est n’en finit pas de s’essoufler, avec moins de 10 nœuds cette nuit pour les bateaux en approche de l’archipel Cap-Verdien. Au pointage satellite de midi, Ville du Tréport était en 32ème position, naviguant à 7,5 nœuds entre les îles de Santa Luzia et et Santo Antao. David a en effet remis de l’ouest dans son cap depuis hier soir : choix tactique pour anticiper le passage du pot au noir, plus présent à l’est, ou bien cela signifie t’il qu’il a l’intention de faire une escale technique à Mindalo (situé sur l’île de Santo Antao) ? Réponse probablement ce soir.

 

 

Chez les protos, Yves LE BLEVEC mène toujours le bal, entraînant loin dans son sillage (près de 90 milles d’avance !) Adrien HARDY et David SINEAU. Pour l’anecdote, le bateau de ce dernier, baptisé du nom de son sponsor « Bretagne Lapin », est aussi un clin d’œil aux superstitions maritimes : même si plus aucun raison technique ne justifie aujourd’hui la peu du lapin sur un bateau, la tradition veut que l’on ne parle pas du cousin du lièvre à bord d’un bateau, sous peine de malheur ! (et je ne devrait même pas en parler sur ce site … si le serveur plante, la cause sera toute trouvée !).

Plus sérieusement, cette superstition remonte à l’époque héroïque de la marine à voile, du temps où les voyages étaient très longs (la vitesse des galions, lourdement chargés et peu manoeuvrants, était inférieure à 5 noeuds) et où l’on embarquait la nourriture vivante ! Or, le lapin, animal rongeur qui à de plus une tendance à se reproduire très facilement, avait la fâcheuse habitude de se nourrir du chanvre qui calfatait les bordés des navires… avec les conséquence que l’on imagine facilement !

En tout cas, cela n’empêche pas David SINEAU de faire une très belle course, comme quoi le lapin se casse les dents sur le carbone.

 

Ces skippers sont en train d’attaquer la fameuse zone de convergence intertropicale, qui se situe en ce moment autour du 8ème parallèle nord et qui ne semble pas très étendue au vu des tique cartes météo actuelles. Mais la principale caractéristique de cette zone de transition météo entre l’alizé de nord-est de l’hémisphère nord et l’alizé de sud-est de l’hémisphère sud est la grande instabilité. Il est extrêmement difficile de prévoir avec précision le temps que les bateaux vont rencontrer et il ne faut surtout pas oublier que les skippers de la Transat 6,50 n’ont à leur disposition pour toute information météo que les bulletins audio reçus à heure fixe sur leur petit poste radio BLU. Le meilleur moyen pour essayer d’anticiper, autant que possible, les conditions météo, reste encore de surveiller son baromètre et les variations de pression. Et à ce jeu, LE BLEVEC fait pour l’instant la course parfaite : il a su se décaler dans l’ouest après le passage du Cap-Vert pour aller chercher le vent et profite de conditions plus favorables que ses poursuivants, encalminés plus à l’est de l’orthodromie.

 

A noter cette nuit l’abandon de Quentin MONEGIER, 21ème au classement général hier soir, suite à une rencontre avec un OFNI (objet flottant non identifié), qui a provoqué une importante voie d’eau. Après avoir activé la balise de détresse, il a été hélitreuillé peu avant minuit par un hélicoptère de la Marine Nationale embarqué à bord de la frégate Le Germinal.

 

En parlant d’abandon, 5 skippers au total ont du se résoudre à arrêter l’aventure, dont 4 depuis le départ de Madère : outre Quentin, Emmanuel LAURENT, sur démâtage, Jonas GERCKENS sur avaries multiples (ballasts, pilotes, énergie) et Alex PELLA (sur risque de rupture du mât). Ce dernier faisait parti des favoris, ayant déjà terminé troisième en 2003 et second il y a deux ans.

Par ailleurs, Andrea CARRACCI, qui a démâté et fait route sous gréement de fortune vers Mindelo, est toujours officiellement en course, mais devrait également s’arrêter à Porto Grande. De même, il n’est pas certain qu’Isabelle JOSCHKE poursuive la course. De fait , il faudra attendre que tous les bateaux aient atteint Mindelo pour connaître précisément le nombre des avaries subies par les bateaux lors de cette descente expresse depuis Madère dans un alizé musclé.

Enfin, Aloys CLAQUIN a fait demi tour depuis ce matin et remonte vers Mindelo.

 

A ce soir,

 

Eric

13 octobre 2007 - un peu de culture générale

L’archipel du Cap Vert est composé de 10 îles principales d’origine volcanique, d’une superficie totale de 4 033 km² et formant un arc de cercle su large des côtes du Sénégal : au sud les îles sous le vent (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord les îles au vent (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão).

Neuf îles sont aujourd’hui habitées (environ 337 000 habitants).

Un volcan cuminant à 2 829 mètres, situé sur l’île de Fogo, est toujours en activité.

 

L’archipel est soumis à un climat tropical, peu humide, avec une température moyenne de 25° tout au long de l’année.

Sur l’île de Maio, la tortue géante vient sur la plage pour y pondre ses œufs et les eaux chaudes de l’archipel abritent de nombreuses espèces de poissons et mammifères marins.

 

Les grandes plages et l’alizé toujours présent sont également un paradis pour les surfeurs.

 

 

L’histoire du Cap-Vert à été plutôt mouvementée : découvertes en 1456 par des navigateurs Portugais, l’archipel du Cap-Vert est situé à environ 500 kilomètres du continent africain. Le navigateur génois, Antonio da Noli, sous le commandement du roi du Portugal, L’Infant Henri, explore le groupe oriental des îles, et installe dés 1462, la Capitainerie de Ribeira Grande, dans la partie sud de l’Ile de Santiago. Le groupe occidental des îles sera exploré plus tard, notamment par Diogo Gomes, qui en prend possession au nom du Portugual.

 

Ces îles, situées à proximité du continent africain, vont d’abord être une escale de ravitaillement pour les navires portuguais, avant de devenir un important centre de la traite des noirs.

En 1533, la création du diocèse de Santiago et la construction d’une cathédrale font de Ribeira Grande la première ville catholique dans les Tropiques. Des colons européens, administrateurs, missionnaires, commerçants ou exilés s’installent en petit nombre, peuplant peu à peu les îles de l’archipel. Pour répondre aux besoins de main-d’œuvre pour les travaux agricoles, de nombreux esclaves d’Afrique noire sont ammenés sur les îles et convertis à la religion catholique. Après l’abolition de l’esclavage en 1866 et l’effondrement de l’économie locale qui reposait sur ce trafic, une partie importante de la population émigre, qui vers les Etats-Unis, qui vers l’Angola ou Sao Tomé.

A partir de 1889, une dictature féroce s’installe sous Antonio De Oliveira, aggravée encore par la famine. Un régime fasciste le remplace en 1926, mais le pays reste toujours aussi pauvre et totalement isolé du reste du monde. De nouvelles famines frappent durement la population au cours des années 1940, incitant de nombreux Cap-Verdiens à abandonner leurs îles et à fuir vers l’Europe.

Après une lutte avec le Portugal, menée par Amilcar et Luis Cabral, le Cap-Vert obtient son indépendance le 05 juillet 1975, puis se sépare de la Guinée Bissau le 14 novembre 1980.

Depuis 1991 et les premières éléctions présidentielles, le Cap-Vert est un pays démocratique, ouvert sur le tourisme.

 

 

Un petit point sur la course en milieu de journée :

David est pointé ce midi à la 31ème position, cap au sud à la vitesse de 6 nœuds dans un alizé qui commence à s’essoufler. Il semble faire route vers le passage entre l’île de Sao Nicolau et Sal, ce qui voudrait dire qu’il ne compte pas s’arrêter à Mindelo.

 

En tête du classement des bateaux de série, Hervé PIVETEAU a pris le commandement devant Stéphane LE DIRAISON, et Francisco LOBATO est revenu à la 3ème place.

 

A ce soir pour de nouvelles infos,

 

Eric

12 octobre 2007 - Bientôt le Cap-Vert pour Ville du Tréport

Ce soir, ce sont pas moins de 14 protos qui ont franchi l’archipel du Cap Vert, et vont maintenant choisir la route qu’ils pensent être la meilleure pour franchir le pot au noir dans les meilleures conditions. Dans l’immédiat, la zone de convergence intertropicale n’est pas trop étendue et ne devrait pas emprisonner trop longtemps les premiers de la flotte. Toutefois, il semble que les bateaux les plus à l’ouest soient un peu mieux positionnés pour attaquer cette zone redoutée pour ses calmes plats, suivis de grains soudains. Yves LE BLEVEC, toujours devant Adrien HARDY, est idéalement placé, mais les phénomènes météo dans la ZCIT sont toujours imprévisibles et pourraient, pourquoi pas, bénéficier au troisième de la bande, l’australien Nicolas BRENNAN (quand on vous dit que la Transat 6,50 a vraiment une renommée internationale !).

 

Les deux premiers bateaux de série, Stéphane LE DIRAISON et Hervé PIVETEAU, vont également sortir de l’archipel en fin de nuit, alors qu’ils naviguent actuellement groupés entre les îles Santa Luzia et Sao Nicolau.

 

David est toujours bien orienté pour franchir l’extrémité ouest de la porte représentée par l’île de Santo Antao, mais il a visiblement effectué une manoeuvre cet après-midi, avec un, voire deux empannages pour mettre d’abord de l’ouest dans son cap avant de revenir sur un cap au plein sud, ce qui a rallongé la route parcourue. Il doit ce soir naviguer quasiment à vue d’Isabelle JOSCHKE, qui a fortement ralentie depuis son avarie de bout-dehors.

 

En fait, depuis plus de deux jours David perd aussi progressivement du terrain sur ses concurrents directs, pour naviguer ce soir en 33 ème position au classement série, ce qui n’est pas spécialement normal : problème de pilote, ou bien spi endommagé ?

(pour l’instant, il ne s’agit que d’hypothèses de ma part, à défaut de pouvoir entrer directement en contact avec lui, mais il navigue clairement un cran en dessous de son niveau).

A la vitesse à la laquelle il navigue ce soir (4,8 nœuds), il devrait voir les côtes du Cap-Vert en fin de nuit ou bien dans la matinée de demain, mais l’alizé, toujours bien établi avec 15 nœuds de nord-nord-est , soit plein vent arrière,doit faiblir dans la nuit sous les 10 nœuds, en s’orientant plus au nord-est. Au passage de l’archipel du Cap-Vert, le vent devrait toutefois se renforcer, sous l’effet venturi provoqué par les reliefs des îles.

 

Porto Grande, le port de Mindelo, sur l’île de  Sao Vicente (photo), s’apprête à accueillir un certain nombre de bateaux, encore inconnu précisément puisque les skippers ayant connu des avaries diverses n’ont pas tous informé par radio le PC course de leur intention. Les rares magasins de la ville (à ma connaissance, seulement 2 magasins spécialisés dans le nautisme) risquent d’être rapidement dévalisés, et il n’y a pas de stock de pièces détachés. Par contre les Cap-Verdiens ont une réputation d’accueil et de serviabilité et les skippers malchanceux trouveront sûrement le moyen de bricoler une réparation qui leur permettra de repartir au plus vite.

Cet après-midi, c’est le belge Peter LAUREYSSEN (vainqueur en série il y a deux ans) qui a fait une brève escale à Mindelo, pour changer ses batteries (comme quoi, cela n’arrive pas qu’à David !).

 

On verra demain quels sont les bateaux qui font escale pour réparer.

 

Eric

11 octobre 2007 - en approche du Cap-Vert

Yves LE BLEVEC, toujours en tête de la flotte,  fait cap depuis ce matin au sud-ouest, pour passer probablement entre l’île de Santo Antao, « porte » ouest à laisser impérativement à tribord et l’île de Sao Nicolau. Il devrait traverser l’archipel dans la nuit.

 

Derrière, plusieurs des prétendants à la victoire ont subis des avaries qui les contraignent à lever fortement le pied, comme Isabelle JOSCHKE, mais également Sam MANUARD qui lui aussi connaît des problèmes de bout-dehors. Isa devrait s’arrêter au Cap-Vert pour tenter, peu-être, de réparer.

De nombreux autres skippers vont également faire un « arrêt au stand » pour réparer. Les pilotes automatique, notamment, semblent avoir beaucoup souffert des conditions de vent et de mer rencontrés. En fait, beaucoup de bateaux, et notamment les prototypes, utilisent des pilotes hydrauliques, plus puissants mais également plus consommateurs en énergie, qui sont reliés directement à l’axe de barre, tandis que David a préféré une solution à base de pilotes électriques TP 30, comme ceux que tout plaisancier peut utiliser (merci au passage à Simrad).

 

L’alizé aura donc fortement marqué les bateaux et les skippers au cours de cette traversée expresse entre Madère et le Cap-Vert, en prélevant son lot de casse. La dernière victime en date est l’italien Andrea Caracci, qui a démâté et fait route sous gréement de fortune. Une inquiétude également pour Francisco LOBATO qui, après avoir pris la tête des bateaux de série est passé brusquement de la 6ème place au général à la 26 ème place. Un bateau accompagnateur se déplace sur zone pour voir la cause de ce coup de frein.

 

L’alizé est toujours orienté au nord-nord-est, mais commence à faiblir sur l’arrière de la flotte, comme annoncé hier. David navigue maintenant avec moins de 20 nœuds, qui devrait continuer à mollir demain, entre 10 et 15 nœuds. Alors qu’il maintient encore ce soir une vitesse de 7,5 nœuds, Ville du Tréport devrait ralentir à l’approche de l’archipel cap-verdien, qui constitue la dernière marque de parcours avant l’île de Fernando De Noronha, au large des côtes brésiliennes. Le passage au milieu des îles volcaniques, qui peuvent causer de forts dévents, dans un flux de nord-est faiblissant risque d’être un peu laborieux et à ce petit jeu, les premiers à passer risquent de creuser l’écart avec leurs poursuivants.

Afin d’anticiper le passage au mieux, David s’est recalé cet après-midi dans l’ouest et devrait maintenant pouvoir descendre tout droit, sans avoir besoin d’empanner à nouveau.

 

La journée de demain va être intéressante, puisque la « porte » imposée par le comité de course va agir comme un entonnoir : tous les bateaux, éparpillés sur plus de 100 milles en latitude depuis Madère, vont tous se retrouver. Dernière navigation à vue avec les copains avant la traversée de l’Atlantique, les prochaines retrouvailles seront sur les pontons de Bahia !

 

A demain pour confirmer tout cela,

 

Eric

10 octobre 2007 – Les avaries continuent

Tandis que plusieurs skippers qui avaient été contraint de faire escale à Santa Cruz de Palma, aux Canaries, ont repris la mer aujourd’hui, les conditions de vent et de mer sur zone continuent de malmener la flotte. Les minis portent toute la toile possible, c’est-à-dire probablement 2 ris dans la grand-voile et le petit spi, avec peut-être le solent également. Dans ces conditions, il peut suffire d’une vague plus haute ou croisée pour prendre le pilote automatique en défaut et c’est le départ au tas assuré, mât dans l’eau ; ou bien le bateau part en surf et rattrape la vague de devant, avec un risque de casse du bout-dehors. A chaque fois, c’est un peu la loterie : ou bien le bateau et le bonhomme se relèvent sans casse et c’est reparti pour un tour, ou bien il y a des dégâts plus ou moins importants : rupture de bout-dehors, safrans cassés sous la pression, panneaux solaires arrachés, barres de flèche endommagées, aériens en tête de mât disparus … Mais c’est la course et aucun skipper ne relachera la pression tant que la ligne d’arrivée ne sera pas franchie.

 

Plusieurs avaries ont été signalées aujourd’hui et les bateaux accompagnateurs ont été parfois déroutés par l’organisation de course pour vérifier visuellement si les skippers n’avaient pas de bobos.

Notamment l’organisation s’inquiétait hier soir de la route suivie par Isabelle JOSCHKE, qui faisait cap à l’est et avait fortement ralentie. Et de fait elle connaît depuis le passage des Canaries de gros soucis avec son bout-dehors, dont le système d’articulation (qui permet d’anguler le bout-dehors au vent comme on le ferait avec un tangon) est cassé. Après plusieurs tentatives de réparation, c’est finalement le tube de carbone lui-même qui s’est brisé, en même temps que le moral d’Isa. Après avoir pensé un moment revenir sur les Canaries, elle pense finalement faire escale au Cap-Vert pour réparer, mais ses espoirs de victoire finale s’échappent…

 

 

Ville du Tréport a rétrogradé la nuit dernière de la 24 ème place à la 30 ème : grosse fatigue et panne de réveil pour David ou bien problème technique ? En tout cas, il a depuis remis du charbon, puisqu’il surfe à une vitesse moyenne de 10,7 nœuds, ce qui en fait l’un des quatre bateau de série les plus rapides au pointage de 18 heures ! Ca fume devant l’étrave, ambiance Rock’n Roll garantie, il y a du retard à rattraper !

 

En fait, quand on regarde les positions, on constate que le groupe qui avait choisi l’option mauritanienne ou médianne (soit a peu près un tiers des bateaux) a pris une légère avance par rapport à ceux restés proches de l’orthodromie, en bénéficiant plus tôt de vents plus forts, mais ils doivent maintenant se recaler pour passer la porte du Cap-Vert, en naviguant au largue plutôt qu’au vent arrière. Même si c’est une allure qui convient bien aux minis, ils risquent de souffrir plus de la houle, maintenant bien ordonnée au nord-nord-est.

 

En tête, Yves LE BLEVEC mène toujours le bal devant Adrien HARDY en proto et Francisco LOBATO devance Stéphane LE DIRAISON en bateaux de série. Stéphane confirme ainsi qu’il est un prétendant au titre, après sa belle victoire à Madère.

 

L’alizé, établi autour de 20 nœuds, devrait toutefois faiblir en fin de semaine à l’approche de l’archipel Cap-Verdien, avec une dépression orageuse qui arrive sur les Canaries. Ce changement va-t-il ralentir ceux de devant pendant que derrière la pression se maintient ou bien va-t-il y avoir un effet « passage à niveau » .

 

 

Réponse probablement après-demain

 

Eric

09 octobre 2007 : les Canaries dans le sillage

Bonsoir,

 

Après 4 jours de mer, les Canaries sont maintenant dans le sillage des minis, qui ont mis le cap sur l’archipel du Cap Vert, situé au large des côtes du Sénégal et da la Mauritanie, qu’ils devraient atteindre dans moins de 72 heures.

L’alizé de Nord-Est est maintenant bien établi et souffle autour de 25 nœuds, propulsant les bateaux dans des surfs dont les minis ont le secret … mais qui se terminent parfois aussi par des départs au lof ou à l’abattée mémorables. Plusieurs skippers ont connu ce genre de mésaventure au cours des dernières 24 heures, avec les conséquences que cela entraîne : bateau en vrac, grosse frayeur pour le skipper (avec bien souvent un réveil un peu brutal), spis transformés en chaluts ou enroulés autour de l’étai et tout qui vole à l’intérieur.

Mais il y a aussi parfois de la casse, comme l’ont expérimenté plusieurs concurrents : bouts-dehors brisés, pilotes qui rendent l’âme en série, safran cassé pour Sébastien GLADU et enfin un démâtage, celui d’Emmanuel LAURENT, qui rentre sous gréement de fortune aux Canaries.

 

Les Minis sont en effet en configuration « Transat » et embarquent la totalité de l’eau et de la nourriture nécessaire pour la traversée, soit un minimum de 160 à 180 kilos (140 litres d’eau plus la nourriture. Même si l’essentiel des rations journalières des skippers se compose de plats lyophilisés dont je vous reparlerais un de ces jours, ils ont aussi embarqué des vivres frais au départ de Madère). Ce poids supplémentaire par rapport à une configuration de course de moins d’une semaine, rapporté au déplacement d’un mini (environ 1 100 à 1 200 kilos pour un bateau de série et probablement moins de 750 kilos pour un proto de dernière génération comme le plan FINOT d’Isabelle JOSCHKE), modifie assez sensiblement leur comportement dans une mer formée. Mais ils vont s’alléger assez vite et bientôt les skippers eux-mêmes vont commencer à fondre sous le soleil écrasant du pot au noir…

 

Les bateaux les plus décalés à l’Est, qui ont touché les premiers le retour du vent, ont également eu le plus de pression dans les voiles, avec des rafales qui ont atteint les 40 nœuds cette nuit entre les îles de l’archipel des Canaries, et une forte houle : chaud devant !

 

Les partisans de la route directe, comme David, n’ont touché les alizés qu’aujourd’hui et ils ont commencé à allonger la foulée. C’est maintenant que leur position, sur l’orthodromie, va devenir un avantage en terme de distance à parcourir.

 

Après 4  jours de course, on commence à voir les protos se détacher assez nettement des bateaux de série, qu’ils surclassent en vitesse dès qu’ils peuvent ouvrir les voiles. Et heureusement, vu la différence de budget (supérieur à 120 000 € pour un proto récent) !

Seul Francisco LOBATO réussit à s’accrocher aux protos, en accrochant ce soir une sixième place au classement général. En tête de la flotte, Adrien HARDY a pris le commandement, devançant Yves LE BLEVEC de 4 petits milles, tandis que Isa semble avoir quelques soucis, sa vitesse moyenne ayant fortement chuté.

 

David a repris 3 places dans la journée, et est ce soir en 24 ème position, bien placé pour négocier au mieux l’atterrissage sur l’archipel du Cap-Vert.

Apparemment, tout va bien à bord.

 

A demain,

 

Eric

08.10.2007 : L'archipel des Canaries traversé par la flotille

Comme annoncé hier soir, la flotte est ce soir éparpillée au travers de l'archipel des Canaries. Ceux partis chercher le vent  à l'est, comme Adrien HARDY (un des prétendants au titre final) ou Stéphane LE DIRAISON (vainqueur en série à Madère) ont bénéficié les premiers de la bascule et du retour de l'alizé et cravachent à plus de 10 noeuds, mais doivent maintenant rattraper la route parcourue en plus.

Ce soir, c'est Yves LE BLEVEC qui mène la bal, en plein sur la route directe, mais Isabelle JOSCHKE, qui avait choisi une option médiane, revient très fort sur la tête de la course et pointe désormais en 3ème position. Toutefois, leur vitesse moyenne est presque inférieure de moitié au groupe de l'est (4,8 noeuds pour LE BLEVEC, 5,9 noeuds pour Isa et 11,8 noeuds pour Adrien HARDY). Le portuguais Francisco LOBATO (tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé de lui) a pris la tête des bateaux de série.

Ville du Tréport est toujours calé sur l'orthodromie et navigue cap au sud-ouest à presque 6 noeuds.

L'alizé de nord-est devrait se renforcer dans les prochaines heures et  toucher enfin l'ensemble de la flotte : tout le monde va accélerer !

Après deux jours de course, les premières avaries commencent à apparaître : après la fissure de son mât carbone qui l'avait obligé, dès le départ, à rentrer au port de Funchal, Alex PELLA (un autre favori) est reparti avec presque 24 heures de retard, mais l'australien Tom BRAIDWOOD est revenu à son tour sur Madère suite à une panne de pilote automatique. Deux bateaux (dont le leader de la flotte ce midi, Laurent BOURGUES, ont connu des ruptures de bout-dehors (ce qui les empêche de porter leur spi) et ont décidé de s'arrêter à Santa Cruz de Téneriffe pour réparer. Plusieurs autres skippers ont signalé des spis déchirés, des drisses cassés, ... le lot habituel des courses au large.

Maintenant, la prochaine marque de parcours est l'archipel du Cap Vert, avec une obligation de passer au milieu, avant de pouvoir virer à droite.

A demain pour de nouvelles infos,

Au fait, la galerie photo est - enfin - à jour !

Eric

07 octobre 2007 : situation après la première nuit

Bonjour,

Bonne nuit pour David (enfin, façon de parler, vu qu'il n'a pas du dormir beaucoup !) : ce matin, au positionnement de 06 h, il était en 3ème position des bateaux de série et 14 ème au classement général (cela se confirme, Rackham aime bien le près dans le petit temps ;-).

La situation météo est toujours aussi tordue ce matin, avec des vents tournants entre 0 et 10 noeuds, mais cela devrait s'organiser dans la journée, le flux s'orientant au nord-est en se renforçant progressivement jusqu'à 20 noeuds : le moment de dépoussiérer les spi !

Pour l'instant, la vitesse moyenne de la flotte est comprise entre 2 et 6 noeuds, David naviguant à 4,3 noeuds : pas mal, vu les petits airs. Il s'est recentré légèrement par rapport aux tenant de l'option Est et semble opter pour une route médiane par rapport à la route directe (route choisie par les deux sister-ship du team Adria).

Je n'ai pas d'autre info pour le moment sur l'incident survenu avec Andraz MIHELIN, le concurrent slovaque Adria mobil too. Pour la petite histoire, Rackham et Adria mobil too ont été à couple dans le bassin des chalutiers de La Rochelle pendant deux jours, après le départ retardé : il y aurait-il comme une petite jalousie entre ces deux bateaux ?

A ce soir,

Eric

07.10.2007 : Une première journée de pétole

Bonsoir à tous,

Les premières 38 heures de course dans cette seconde étape de la Transat 6.50 ont connu des conditions très faible : le 1er, Yves LE BLEVEC, n'a parcouru que 125 milles depuis hier midi et se trouve à mi-chemin des îles Canaries.

Les conditions météo de la nuit devraient être encore très faibles, l'alizé ne revenant qu'à compter de demain, par l'ouest. Ceux qui se sont le plus décalé vers les côtes africaines vont toucher en premier le vent frais et vont accélerer, tandis que ceux restés sur l'orthodromie (la route directe) vont devoir subir encore quelques heures un vent évanescent. Est-ce que le vent sera suffisamment fort pour compenser la route supplémentaire effectuée depuis hier par les tenants de l'option ouest ? La flotte s'étale ce soit sur presque 200 kilomètres en latitude, ce qui confirme que les skippers n'ont pas tous fait la même analyse de la situation météo. Les slovènes, notamment, sont très décalés à l'ouest de la route : coup météo ou option suicidaire ?

David a visiblement choisi de rester assez proche de l'orthodromie, comme Yves LE BLEVEC, et pointe ce soir en 7ème position au classement série, mais ne progresse qu'à 1 noeud ... Vivement le retour de l'alizé !

Sinon, pour info, il semble bien se confirmer que ce serait David qui serait en tort dans la collision avec le slovène Andraz MIHELIN lors du départ : celui-ci, babord amûre, à viré devant David et s'est donc retrouvé tribord, donc prioritaire (règle 10 de l'isaf). David, encore babord  amûre, ne s'étant pas écarté et n'ayant donc pas évité le contact (règle 14 de l'isaf), le jury risque de lui attribuer une pénalité en temps, conformément a la règle 15.1 des instructions de course. Toutefois, cette décision ne devrait être prise qu'après l'arrivée à Bahia, après instruction. Notamment, David pourra éventuellement démontrer que pendant le virement de bord Andraz n'a pas respecter la règle 13, qui précise que lorsqu'un bateau à dépassé la position bout au vent il doit se maintenir à l'écart jusqu'à ce qu'il soit sur une route au plus près.

Allez, une petite pensée pour David qui ne va pas dormir encore beaucoup cette nuit et à demain.

Eric

06 octobre 2007 : Adeus MADEIRA

Après 10 jours, 14 heures et quinze minute écoulés depuis le passage de la ligne d’arrivée de la première étape, David à pris à 13 h 17 le départ de la seconde étape de la Transat 6,50,dans un vent de sud ouest de moins de 10 noeuds et sous une petite pluie fine (comme quoi il pleut aussi de temps en temps à Madère !).

Un premier départ, donné comme prévu à 13h02, a donné lieu à un rappel général et lors du second départ David a percuté le slovaque Andraz MIHELIN, suite à un refus de tribord (mais je ne sais pas encore qui a refusé le tribord). Contact pris avec Marco, le papa de Nat qui était sur l’eau au moment du départ mais n’a pas assisté directement à l’incident, la situation semblait assez confuse. Il n’y a toutefois pas de dégât apparent pour David, mais Andraz à dû rentrer au port pour réparer son bordé. Il est reparti en fin d’après-midi et est de nouveau en course, mais il doit se dire qu’il n’a vraiment pas de chance : lors du départ de La Rochelle, il avait été percuté par un bateau spectateur et avait subi également des avaries, ce qui ne l’avait pas empêché de finir 5 ème de la première étape.

 

Malgré cet incident, David a pris un bon départ, en 5ème position des bateaux de série et 30 ème sur 88 partants. (suite à des problèmes de santé, le suisse Jacques VALENTE a du renoncer à s’élancer vers le Brésil. Jacques était un concurrent direct de David, naviguant également sur un Ginto).

Pour Ville du Tréport, tout est encore jouable sur cette traversée, avec une seule journée d’écart sur Stéphane LE DIRAISON (premier à Madère en bateau de série), ce qui ne représente rien sur une traversée de l’Atlantique : contrairement à la première étape où des conditions météos idéales ont permis une route quasi-directe, toujours au portant, il peut y avoir des surprises et des coups météo à jouer. La traversée du pot au noir, notamment, ressemble un peu à un jeu de hasard, avec de grands calmes qui se transforment en grains violents en quelques instants. Il ne faut pas se laisser surprendre et savoir anticiper, pour être au bon endroit au bon moment.

 

Dans l’immédiat, il va falloir choisir la meilleure route jusqu’aux Canaries. La situation météo sur Madère est un peu compliquée en ce moment, avec un vent faible de secteur Sud-Ouest, c’est-à-dire exactement dans le nez des bateaux sur la route directe vers les Canaries.

Après 3 heures de course, il semble que David ait choisi une option proche de la route directe, au près : des conditions qu’aime bien  Rackham Le Rouge ! Beaucoup de skippers tentent cependant une option à l’est, le long des côtes africaines, pour aller chercher plus vite la bascule qui doit survenir en tout début de semaine, avec le retour de l’alizé de Nord-Est. Toutefois, est-ce que ce détour, avec un nombre de milles parcourus en plus, sera payant (sachant qu’en plus cela les rapproche des îles de l’archipel des Canaries, qui créent un dévent non négligeable qui s’étend loin au large) ? Réponse dans deux à trois jours !

Passé les Canaries, l’alizé devrait se renforcer autour de 20 nœuds et propulser la flotte sous spi jusqu’au pot au noir.

 

 

Maintenant, c’est l’expérience du grand large qui va parler : les skippers n’ont plus à leur disposition que les infos météo reçues sur leur poste radio BLU pour se faire une idée du système météo lequel ils naviguent (pas de carte satellite et pas de fichiers Grib) et ils vont devoir apprendre à gérer, sur trois semaines, la navigation, la marche du bateau, les repas et les temps de repos.

Mais c’est après cela qu’ils attendent tous depuis longtemps et ils ne seront plus jamais tout à fait les mêmes : tous ceux qui ont fait un jour la Mini s’en souviennent à jamais, à l’instar des plus grands noms de la voile.

 

Pour mémoire, il faut rappeler que de grands marins, comme les frères PEYRON (Bruno, 12ème en 1977 et Loïc 26ème en 1979), Michel DESJOYAUX (31ème en 1991), Lionel LEMONCHOIS( 11ème en 1989, 6ème en 1991, 4ème en 1995 et 32ème en 1999), Lady Ellen MAC ARTHUR (17ème en 1997… et 2ème du Vendée Globe 3 ans plus tard !) pour ne citer qu’eux n’ont jamais gagné la Transat et pourtant, quel palmarès !

 

A bientôt,

 

Eric

Interview de DAVID du 04 octobre 2007

Voici le texte de l'interview accordée par notre skipper Tréportais, publiée sur le site de l'organisation de course (www.transat650.org) :

Tout est ok pour David Le Carrou (Le Tréport). Le bateau est fin prêt et le garçon est bien et clair dans sa tête. Il sort de la douche (ndr, le garçon pas le bateau !) s’asseoit et discute. On revient sur la préparation du bateau, la première étape, le passé. C’est parti...


La préparation ? : "J’ai acheté le gaz, les clopes et les fruits... C’est que tout est ok ! J’ai changé mes batteries, acheté un autre panneau solaire et installé un petit écran de contrôle du niveau de mes batteries pour ne pas avoir le problème de la première étape. Arrivé au Cap Finisterre, je suis tombé en rade de batteries. Plus d’électricité, donc j’ai barré et me suis mis dans le rouge plusieurs fois avec des hallucinations toutes les nuits. Aussi, deux fois je me suis imposé d’aller dormir 3/4 heures pour me reposer. Du coup, je suis un peu déçu de ma première étape car je ne suis pas bien classé, alors que côté stratégie c’était nickel. J’étais dans les 10 au Cap Finisterre et j’avais bien négocié le golfe de Gascogne. Mais bon tout est ok maintenant"


La météo ? : "Cela bouge beaucoup. Ce qui est sûr c’est que ce sera calme au départ. Demain (vendredi) on saura au niveau des Canaries si cela vaut le coup de passer dans les îles ou pas. Mais plus cela va, plus la météo se réinstalle convenablement. Il faut surveiller la dépression qui est sur l’Afrique, c’est elle qui va mener le bal. Mais c’est clair qu’il va y avoir des tas de passages à niveaux, des tas de possibilités pour se refaire".

Heureux ? : "Oui, car je suis bien content d’avoir laissé derrière moi le way-point de mon démâtage d’il y a deux ans ! Je suis super content d’être au départ de la seconde étape même si j’ai l’impression que c’est maintenant que commence la Transat 6,50. J’ai l’impression comme beaucoup d’autres d’ailleurs que l’on vient de faire une course pour prendre le départ d’ici !".

C'est effectivement une nouvelle course qui s'élance, sur un rythme qui sera forcément différent : 3 100 milles à parcourir, trois semianes de mer.

Alors que la première étape a été un sprint (7 jours, 12 heures et 21 minutes pour Ville du Tréport), c'est maintenant l'Atlantique qui s'ouvre devant l'étrave des minis, avec des moments forts : tout d’abord le passage de l’archipel des Canaries puis des îles du Cap-Vert, porte de passage obligatoire, le redouté Pot au noir, le franchissement de la Ligne et, enfin, l’arrivée dans la Baie de tous les Saints !

La Transat commence véritablement maintenant et c’est pour vivre ce moment que les skippers ont tendu tous leurs efforts depuis plusieurs années. Même s’ils resteront en contact radio pendant toute la durée de la course, ils vont désormais entrer en solitude et ne plus faire qu’un avec leur bateau : un univers de 6,50 m le long et de moins de 3 m cube pour une traversée océanique de 3100 milles !

Cette étape est la plus longue jamais courue en 30 ans d’histoire de la transat 6,50, mais les favoris en proto envisagent une traversée en moins de 20 jours, comme Yves LE BLEVEC qui n’emporte de la nourriture que pour cette durée …

 

DAVID, que j'ai eu au téléphone hier midi, était prêt et se concentrait sur l'analyse météo. Les conditions du départ sont très molles, avec un vent de sud faible, le retour de l'alizé étant attendu en début de semaine.

A ce soir pour des infos des premières heures de course

Eric

Madère, un peu d'histoire ...

Alors que les skippers profitent de l’escale pour remettre un peu d’ordre dans les bateaux ou, comme pour DAVID, effectuer les quelques réparations qui s’imposent, un peu d’histoire (sur la base de documents GPO) :

 

Madère (en portugais Madeira) est un archipel composé de l’île du même nom (797 km2) et de plusieurs autres petites îles et qui constitue une région autonome du Portugal, dont Funchal est la capitale. Située à 32° 38’ de latitude nord, et 16° 55’ de longitude ouest, Madère est un archipel d’origine volcanique au climat subtropical et à la végétation luxuriante, mais dont les sommets culminent à 1300 mètres.


Il est probable que Madère ait été connue dès l’Antiquité (les Phéniciens la connaissaient sans doute). Son existence est attestée dès 1351 sur un portulan de Florence et dans des documents géographiques arabes. Les premiers navigateurs portugais lancés dans les explorations maritimes organisées par Henri le navigateur (João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira) se réfugièrent à Porto Santo (qu’ils nommèrent ainsi en reconnaissance de leur sauvetage) en 1419 et en prirent possession au nom du roi du Portugal. Madère fut repérée et abordée l’année suivante par Zarco, Teixeira et Bartolomeu Perestrelo, à l’emplacement actuel du port de Machico.

L’île fut un point de relâche important pendant l’époque des grandes découvertes. Christophe Colomb séjourna dans l’archipel, où il épousa Felipa Perestrello Moniz, fille de Bartolomeu Perestrelo. Séjour important, puisque Felipa a pu faire connaître à Colomb les cartes de son père, qui l’ont aidé dans sa découverte de l’Amérique.

 

Le fait que Madère soit, en cette année anniversaire de la Transat 6,50, le point de départ vers l’Amérique, est peut-être un clin d’œil à ces illustres ancêtres qui ont ouvert la voie des océans !

 

Eric

Dernière nuit au ponton...

Je vous écrit ces quelques lignes avant de passer une dernière nuit au ponton avec Rackham...

Dernières études météo avant le grand saut demain à 13h02 heure française, dernier repas assis à une table, dernière douche ...

Cette escale à Madère fut sympathique(photo du dernier barbecue) mais ce qui arrive va être extraordinaire, une étape de 3000 milles en passant par les Canaries, le Cap Vert, le fameux Pot au noir avant d'arriver dans la baie de tous les Saints : Salvador de Bahia...

A très bientôt, dans un mois...

David

La vidéo de la première étape en ligne !

Vous pouvez voir un résumé de la première étape en vidéo en cliquant sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/x34ody_premiere-etape-transat-650-du-498_extreme

A bientôt

David

Le soleil de Madère

L'escale à Madère se passe bien, le bateau et le bonhomme retrouve la forme pour repartir sur cette deuxième étape.

Le changement de batterie va se faire demain, les batteries au départ de La Rochelle avaient vraisemblablement une capacité réduite de moitié !

Un panneau solaire de 45w est vevu se rajouter aux 160 existant et un petit controleur de batterie est venu prendre place à côté des autres écrans de contrôle pour améliorer et m'aider dans la gestion des batteries histoire d'assurer le bon déroulement de cette seconde étape côté énergie...

Mes batteries corporelles se rechargent elles aussi en profitant du soleil bien présent sur Madère.

La météo du départ commence à se préciser, la stratégie des premiers jours de course ne va pas tarder á être décidé...

A bientôt

David

Une première étape hallucinante !!!

Je suis arrivé hier soir (mardi 25 septembre) vers 0h00, après 2 heures à regarder la ligne d'arrivée sans vent...mais avec un accueil digne d'un Vendée Globe.

Ma course s'est bien passée sur la première partie de la course pour traverser ce golf de Gascogne, en me plaçant dans les dix.

L'atterrissage sur le cap Finistère a commencé avec une première erreur, une hésitation sur le choix stratégique qui m'a coûté cher en milles.

Après c'est un choix de voile qui est venu envenimer l'affaire...Mon spi de brise (mon médium arisé) fût très pénalisant et, vu que je suis têtu, les deux nuits de brise furent catastrophiques avant que je prenne la décision d'envoyer mon code 5 en spi de brise, génial, super, excellent, si j'avais eu l'idée plus tôt...

L'horreur est venue ensuite avec un problème d'énergie...ciel trop nuageux pour mes panneaux, batteries pas au top. Ce qui se devait arriva, plus d'electronique et surtout plus de pilote...

Scotché à la barre des nuits et des jours entiers, mon bateau de solo s'est tranformé en bateaux d'équipage puisque l'on était régulièrement trois à bord...et moi qui rêvait de 10 mn de sieste, eux ne voulaient pas barrer ! Je m'endormai régulièrement à la barre et me reveillai pour donner le coup de barre qui évite le vrac !

La gestion du matériel et du bonhomme est très importante, je remercie au passage All Purpose Rouen pour m'avoir fait des spis qui ont resistés aux conditions et chalutage extrèmes, j'ai bien cru perdre deux ou trois fois un spi et le bout-dehors avec !

Je suis forcément déçu de ma performance (25/43) sur cette première étape mais l'escale est là pour supprimer les petits soucis et préparer la deuxième étape.

Je suis super content de l'expérience vécue et cette fantastique descente sous spi du début jusqu'à la fin,magique ces surfs à 10-12 noeuds qui durent plusieurs heures d'affilée.

Etonné de voir aussi que je peux rester 48h à la barre, dans un état second certes, mais de pouvoir un peu pousser la machine...

Je vous prépare une petite vidéo pour résumer tout ça cette semaine.

A très bientôt et merci pour tous vos courriers de soutien que j'ai reçu à l'arrivée.

David  

25 septembre 2007 - 21 h 40 : Madère en vue

Bonsoir à tous,

 

A cette heure, DAVID devrait maintenant avoir franchi la ligne d’arrivée de cette première étape (ou sinon ne plus en être loin), puisqu’au dernier pointage communiqué par la direction de course à 16 h 00, il n’était plus qu’à 32 milles du but et naviguait à une vitesse de 8 nœuds. Cela le place en 25 ème place du classement série, mais cela n’augure cependant nullement du classement final, dès lors que la seconde étape, entre Funchal et Salvador de Bahia, sera beaucoup plus tactique que le sprint entre La Rochelle et Madère. En effet, la traversée de l’Atlantique réserve toujours des surprises, plusieurs options pouvant s’offrir aux skippers pour négocier au mieux la fameuse zone de convergence intertropicale (ZCIT sur les cartes), plus connue sous le nom de « pot au noir » (quand on voit les nuages menaçants et les grains violents et soudains, on comprend mieux la désignation de cette zone de convergence de systèmes météo).

Et connaissant bien DAVID, il aura une revanche à prendre sur son résultat dans cette première étape.

 

Comme le rappelle Denis HUGUES, Directeur de Course (et ancien ministe lui-même), la course n’en est qu’à son premier quart et la traversée de l’Atlantique s’annonce corsée, avec les « passages à niveau » traditionnel de l’archipel des Canaries, du Cap-Vert et le franchissement du Pot au Noir… Même si la performance intrinsèque des bateaux reste très importante, cela ne suffira pas forcément et l’expérience jouera à plein (sans oublier également un petit peu de chance).

 

Je pense avoir des nouvelles de DAVID directement demain et je pourrai vous en dire plus sur le déroulement de cette première étape.

 

 

Et puis un grand bravo à Véronique LOISEL, 10 ème en bateau de série et 2ème femme, à, une heure de Bénédicte GRAULLE : une jolie performance, mesdemoiselles.

 

A demain

 

Eric

24 septembre 2007 : Les premières arrivées à Madère

Bonsoir à tous,

 

Comme cela était attendu, tellement sa domination était nette, Isabelle JOSCHKE remporte cette première étape de la Transat 6.50, longue de 1 100 milles, en atteignant Madère en 05 jours, 15 heures, 33 minutes et 30 secondes, à une vitesse moyenne de 8,11 noeuds !

Elle s’impose, comme vingt ans auparavant une autre Isabelle, à l’arrivée de la première étape de Tenerife : Isabelle AUTISSIER.

 

ISA a de fait réussie la course parfaite, négociant toujours au bon moment les phases de transition météo. Au gré des empannages successifs dans des vents se renforçant continuellement, jusqu’à 30 nœuds, elle a porté son avance sur son dauphin, Samuel MANUARD, à plus de quatre heures.

 

Pour tous les élèves de l’école LDM, qui ont découvert les joies de l’empannage en optimist sur le plan d’eau de Gamaches, imaginez la difficulté de la manœuvre sur un mini, quand il faut gérer à la fois la barre, le passage du spi et de la grand voile, sans oublier bien sûr les bastaques (câbles qui retiennent le mât sur l’arrière), dans un vent soutenu à plus de 10 nœuds : le moment est assez critique et demande pas mal de préparation en amont si on ne veut pas casser quelque chose dans la manœuvre.

 

Isa, interviewée à son arrivée, à d’ailleurs déclaré :

 

« Enfin bon, c’était chaud au début quand même. Il y avait du vent, il fallait manœuvrer souvent. Il fallait faire très attention à ne pas casser le matériel. C’est ça qui a été le plus difficile : aller le plus vite possible, sans jamais contraindre le matériel. A chaque instant, quand tu rentres dans une vague, tu peux casser le bout dehors, déchirer une voile. J’ai eu ce stress là pendant 24 heures après le cap Finisterre. Le vent est monté assez fort, jusqu’à plus de 25 nœuds. Du coup, il fallait toujours adapter sa voilure. Et ça c’est stressant. Si tu fais une bêtise, tu peux mettre en l’air ta transat. Mais pour moi, c’était un sprint, un peu à part de la transat. En tout cas, c’est les plus beaux jours de la saison que j’ai réalisé. C’est clair, je n’ai jamais pris autant mon plaisir en mini ».

 

A cette heure, ce sont donc 14 protos qui sont amarrés dans le port de Funchal, Yves LE BLEVEC prenant la troisième place, deux heures derrière Sam MANUARD. Le dernier arrivé est le belge Peter LAUREYSSEN, qui avait remporté la dernière édition de la transat, en bateau de série.

 

Pendant que les heureux marins qui ont déjà touché terre se reposent de la fatigue accumulée tout au long de ces cinq jours de course (inutile de dire que pour atteindre ce niveau de performance, ils n’ont pas du dormir beaucoup …), Ville du Tréport et ce soir à la latitude de Rabat, à un peu moins de 200 milles de l’arrivée : naviguant ce soir à moins de 7 nœuds, amis avec un vent de nord-est de 20 nœuds attendu, il devrait toucher terre dans la nuit de mardi à mercredi. Avant le départ, il a bien étudié avec son routeur, Hervé LAURENT, la tactique de l’approche sur Funchal, qui se caractérise par un dévent très marqué provoqué par le relief volcanique de l’île. Cela pourrait lui permettre de reprendre quelques places au classement, pour compenser le déficit de vitesse pure de Rackham aux allures et dans les conditions de vent rencontrées depuis le départ (DAVID est ce soir 26 ème au classement série).

 

 

A demain,

 

Eric

 
Isa JOSCHKE à Madère dès ce soir

Bonsoir à tous,

Alors que notre skipper favoris est au coude à coude avec Francisco LOBATO, à la latitude du cap Saint Vincent (cabo Sao Vicente en portuguais), pointe sud du portugual situé à la frontière avec l'Espagne, la talentueuse Isabelle JOSCHKE devrait couper cette nuit la ligne d'arrivée de la première étape, devant la ville de Funchal.

Le gros de la flotte déboule quant à lui sous spi dans un flux de Nord Nord Est bien établi à plus de 15 noeuds et devrait arriver en vue de l'archipel de Madère dès lundi matin :  embouteillage de Minis en perspective !

Au classement communiqué à 14 h par le PC course, DAVID pointait en 24 ème position, à 365 milles de l'arrivée. Il va lui falloir se battre pour conserver sa place devant le portuguais LOBATO, très attendu à Madère, où il sera chez lui.

A demain

Eric

(Je vais essayer de résoudre le problème d'affichage des news)

 
22 septembre 2007 : 4 jours et 8 heures de course

Bonsoir à tous,

 

DAVID navigue ce soir à la latitude de Lisbonne, toujours en 20 ème position au classement série. Le vent plus faible (moins de 10 nœuds) qu’il a rencontré cet après-midi devrait se renforcer dans la nuit, autour de 20 nœuds : de belles glissades sou spi en perspective !

 

Derrière Isabelle JOSCHKE, solide leader de la flotte, les 88 autres skippers sont désormais éparpillés du nord au sud sur toute la longueur de la péninsule Ibérique. Et alors qu’Isa est attendue à Funchal dès demain soir, les derniers sont encore empétolés devant le cap Finisterre, soit près de 600 milles derrière ! (pour mémoire, un mille marin, ou un nautique comme disent les aviateurs, représente 1 842 mètres : c’est bon pour le calcul mental …).

Nonobstant les différences de potentiel de vitesse pure des bateaux (on ne peut en effet absolument pas comparer la performance du tout nouveau proto Finot mené par Isabelle JOSCHKE et celle d’un bateau de série), il apparaît que le scénario bien connu de la course au large s’est encore répété : un passage à niveau météo se referme et ceux qui sont devant s’échappent irrémédiablement. Sur une étape courte, le retard ne peut alors plus être rattrapé, même si l’arrivée sur Madère est toujours délicate, avec un dévent marqué généré par les massifs montagneux.

 

Si Isabelle JOSCHKE marque de son empreinte cette édition de la Transat 6.50, il ne faut pas oublier les autres femmes engagées dans cette Transat et, notamment, Véronique LOISEL, actuellement 11 ème en bateau de série et amie de DAVID. Ingénieur chez Arianespace, c’est sa première Transat et elle en veut.

 

  

Eric

 

 

Merci à l’organisation de course pour les photos de DAVID, au surf sous spi dans le soleil couchant, accompagné des dauphins : c’est superbe.

 
22 septembre 2007 : Dans les alizés portuguais

Bonjour à tous,

 

Ce matin, DAVID navigue désormais au large du Portugual à une vitesse moyenne de 6,4 nœuds (un petit rappel pour les néophytes : pour convertir les nœuds en kilomètres / heures, il faut multiplier par 2, puis retrancher de dixième).

Il était au pointage de ce matin, à 5 h 00, en 20 ème position et se détache progressivement du paquet de 6 autres bateaux de série avec lesquels il était au coude à coude hier : on peut lui faire confiance pour ne rien lâcher !

 

A l’analyse des conditions météos attendues sur zone, il peut encore espérer accrocher un flux de nord supérieur à 15 nœuds, tandis que derrière le vent mollit. Pour autant, en vitesse pure, il lui sera difficile de revenir sur la tête de la flotte. Il va falloir cogiter, régler sans cesse ses voiles et surtout ne pas commettre d’erreur dans les manœuvres. C’est en effet à ce stade de la course (ou plutôt du sprint au rythme effréné que les minis imposent depuis mardi à la course) où la fatigue se fait vraiment ressentir et où une erreur d’inattention est vite arrivée. Et au planning sous spi, une telle erreur se paye cash : départ au tas assuré, mât dans l’eau, et avec bien souvent de la casse matérielle à déplorer.

C’est notamment ce qui a du arrivé au hollandais volant, KOEN van ESCH sur  KLM Flying Duchtman, qui a brisé son bout dehors (le long tangon qui suppporte les spis).  KOEN, classé jusqu’alors 5ème des voiliers de série, a été contraint à une escale technique en Espagne pour réparer.

D’autres bateaux de série ont également connus diverses avaries, comme le suisse Jacques VALENTE, arrêté à Gijon depuis plus de 24 heures sur rupture de barre, Sophie GUEROULT qui a perdu un panneau solaire (ce qui va rapidement limiter son énergie disponible, avec ses conséquences : plus d’instruments et plus de pilote).

 

En tête de la course, Isa continue d’imprimer son rythme : c’est elle la plus rapide, dans des conditions de vent et de mer pourtant acrobatiques : 25 à 30 noeuds et forte houle. Les 250 milles par heures sont largement dépassés, à près de 12 nœuds de moyenne sur 24 heures (essayez donc de faire la même chose avec un bateau de croisière !) et seul Samuel MANUARD semble actuellement en mesure de suivre son train d’enfer.

Le classement des voiliers de série est toujours dominé par Stéphane LE DIRAISON. Son Pogo 2 Cultisol-Institut Curie pointe à la 12ème place, mais déjà 100 milles derrière Isa : les protos de dernière génération ne jouent décidément plus dans la même cour que les bateaux de série (mais ce n’est pas non plus le même budget …).

 

A ce soir pour de nouvelles infos,

 

Eric

 
21 septembre 2007 : le cap Finistère est derrière !

Bonsoir à tous,

 

Après quelques soucis informatiques qui ont retardé l’envoi de cette news, voici enfin des nouvelles de DAVID :

Notre skipper a doublé le cap Finisterre dans la matinée. Après un changement de cap dans la nuit de mercredi à jeudi (probablement causé par un refus du vent), qui lui a fait perdre quelques places au classement, il se trouvait  en début d’après-midi en 21 ème position au classement série (il était ce matin en 17 ème position du classement série, sur 43 bateaux et 58 ème au général sur 89).

 

 

Ville du Tréport navigue au milieu d’un petit paquet de bateaux, à vue, sans pouvoir vraiment tenter d’option : chacun se marque et c’est dans ces moments là qu’il ne faut rien lâcher, rester vigilant pour ne pas laisser ses concurrents s’échapper à la faveur d’une risée ou d’une adonnante, alors même que la fatigue commence sérieusement à se faire sentir après 3 jours de course au contact. Les skippers doivent en effet tout à la fois gérer les manœuvres, la navigation, les vacations radios, la prise des infos météo en BLU, être attentif aux autres bateaux (concurrents, bateaux de pêche ou navires de commerce) et être capable de se reposer.

 

Le grand favoris de la classe, Francisco LOBATO, est cependant toujours loin en arrière, alors qu’il ne nous avait pas habitué à une telle contre-performance dans les courses d’avant-saison : est-il victime d’une avarie, malgré la préparation ultra-poussée de son Pogo ou bien même les meilleurs sont-ils susceptibles de commettre des erreurs tactiques ? En tout cas, c’est actuellement Stéphane LE DIRAISON qui mène le bal en bateau de série, s’offrant même le luxe de devancer nombre de protos !

 

Et les conditions météo attendues vont encore accroître les écarts, puisque si les premiers à avoir franchi le cap Finisterre bénéficient des vents connus sous le nom « d’alizés portuguais », de secteur nord et soufflant entre 25 et 30 nœuds, derrière le vent s’oriente légèrement ouest, en faiblissant (moins de 10 nœuds attendus) : un passage à niveau se referme et ceux qui auront  réussi à s’échapper vont creuser l’écart avec leurs poursuivants. A ce petit jeu, la jeune Isabelle JOSCHKE, déjà au large de Lisbonne, pourrait bien encore accroître son avance sur ses principaux rivaux, Yves LE BLEVEC et Sam MANUARD : sacré talent, vu les pointures !

 

Les bateaux de série, plus lents que les protos (et surtout dans ces conditions de vents portants), vont souffrir. Cette nuit sera probablement décisive. A suivre demain matin, au pointage de 5 h 00.

 

Eric

19 septembre 2007 : les premières 24 heures de course

Bonsoir à tous,

Après le convoyage retour du camion d'assistance et de la remorque du bateau (cannibalisée d'ailleurs en grande partie pour former le ber qui permettra le rapatriement de Rackham le Rouge du Brésil), les informations en provenance du PC course sont plutôt bonnes pour DAVID : il est revenu en 39 ème position au classement général, devant nombre de protos et se place 9 ème en bateau de série. Il devance notamment le grand favoris, le portuguais Francisco LOBATO de 15 places.

Ville du Tréport doit porter toute la toile, puisqu'il maintient une vitesse moyenne de 7 noeuds, dans un vent plutôt faible, variable de 10 à 2 noeuds : il est un des plus rapide en bateau de série (mais loin des 9 noeuds atteints par les leaders au classement général...).

Isabelle JOSCHKE, Isa pour les intimes (l'intéressé se reconnaîtra ;-)  ),  a repris le commandement de la flotte, juste devant le belge Peter LAUREYSSEN, vainqueur de la dernière édition en bateau de série et revenu cette fois pour tenter le doublé en proto.   

Toutefois, les écarts restent très serrés entre les bateaux. Seul un skipper, Xavier HAIZE (en proto) à choisi une route plus sud que le reste de la flotte, pour tenter de contourner la bulle anticyclonique : si son coup météo fonctionne, il pourrait franchir en tête le cap Finistère. A suivre ...

Pour info, la galerie photos de la Transat est en cours : encore un peu de temps pour tout trier et rattacher ...

A bientôt

Eric

 
18 septembre 2007 : en route vers le Brésil !

Après une attente de 48 heures, causée par un font dépressionnaire se déplaçant rapidement sur le golfe de Gascogne, les 89 skippers de la Transat 6.50 édition 2007 se sont élancé ce midi (à 12 h 38 exactement) en direction de l'île de Madère, escale de la première étape de la transat.

Contrastant avec l'ambiance festive qui régnait sur le village de la course ce week-end, ce matin les concurrents semblaient beaucoup plus concentrés, impatients de prendre enfin la mer. Pour beaucoup d'entre-eux, c'est l'aboutissement d'un long projet, de plusieurs années d'efforts et de sacrifices et la concrétisation d'un rêve.

David a une revanche à prendre, une cadène de hauban défectueuse l'ayant contraint à l'abandon lors de la dernière édition sur rupture de son mât. Revenant avec une expérience accrue, il a l'ambition de finir bien classé cette année.

Les conditions météo attendues dans les prochains jours (vent de Nord Est de 15 à 20 noeuds, molissant toutefois dans la journée de demain) sont idéales pour les minis : planning sous spi garanti !  A ce rythme, le golfe de Gascogne devrait être vite avalé et, dès le cap Finistère paré, le sprint va se poursuivre le long des côtes espagnoles et portugaises en direction de Funchal.

Le classement communiqué ce soir par le PC course n'est pas très significatif (même si les favoris sont effectivement devant : Samuel Manuard et Yves Le Blevec en proto ou Francisco Lobato en série), l'écart entre les bateaux étant très faible : les skippers naviguent à vue. Après le première nuit, le options devraient commencer à se dessiner, à moins que tous aient choisi le même parcours pour dégolfer au plus vite ...

A demain pour de nouvelles infos.

 

Eric

Transat 6.50 : départ reporté !

Bonjour à tous,

Le départ de la Transat 6.50 a du être reporté pour cause de conditions météo défavorables : un très gros coup de vent est attendu sur le golfe de Gascogne dans la soirée de lundi, avec un bon force 6 avec rafales à 9 annoncé. Ce flux de Nord-Ouest aurait alors cueilli les 89 marins au milieu du golfe de Gascogne, un golfe réputé musclé lorsque la houle Atlantique rencontre le plateau continental et lève alors une mer forte et très formée. La dernière Transgascogne l'a d'ailleurs démontré ! 

Eric Mas de Météo Consult confirme : « Il est certain que le vent sera fort ! On sait qu’à 80% c’est ce système là qui va arriver. En plus la mer va venir s’en mêler. Elle sera déjà de 2 à 2,5 mètres et viendra s’associer une houle Atlantique de 3 mètres ». La situation attendue dans la nuit de lundi à mardi est un vent avec des rafales à 40/45 nœuds de Nord-Ouest (plus de 90 km/h), et une mer pouvant atteindre les 5 à 6 mètres.

Les organisateurs n’ont donc pas voulu prendre de risques et envoyer les 89 minis affronter du très gros temps, avec un risque de casse majeur dès le début de la course.

Le départ devrait donc être donné soit mardi soir, soit mercredi matin, selon l’évolution de la météo.

En conséquence, seul un prologue a été couru dimanche, avec un départ donné entre Fort Boyard et l’île d’Aix (ligne de départ de la Transat), de façon à permettre aux très nombreux spectateurs et sponsors d’assister quand même au spectacle de 89 mini en course.

Après un départ du bassin des chalutiers de La Rochelle à 6 h 00 du matin (dur, le réveil, surtout après une soirée de fête, sans la pression du départ !) et un long convoyage jusqu’au célèbre Fort Boyard, le départ du prologue (couru en équipage, avec Vincent et moi-même), a été donné à 11 h, sous un soleil de plomb, au milieu de très nombreux bateaux spectateurs.
Ville du Tréport à pris un bon départ, se plaçant notamment devant des grands favoris comme Yves LE BLEVEC sur Actual (proto), Isabelle JOSCHKE sur Dégremont Synergie (proto) ou Francisco LOBATO (série). Toutefois, le vent, déjà très faible, est progressivement tombé, obligeant le comité de course à annuler l’épreuve après le passage de la première bouée au vent. Le retour vers La Rochelle s’est faite en grande partie en remorque, afin de pouvoir arriver avant la fermeture de l'écluse..

L’annulation du prologue nous a permis d’en profiter pour effectuer un dernier carénage (c’est Vincent qui s’est désigné volontaire pour plonger, au milieu des méduses, pour passer un coup d’éponge) et de constater que certains points ont encore besoin d’être corrigé avant le départ de la Transat. Même quand on croit que tout est prêt, il y a toujours quelque chose à corriger ou fiabiliser sur un bateau de course, fusse t-il de série.

A bientôt pour de nouvelles infos, dès que l'organisation de course nous aura précisé les conditions météo attendues.

Eric  

Les enfants de l'école LDM au départ de la Transat

Deux classes de l'école LDM ont fait le déplacement du Tréport pour venir supporter DAVID : une quarantaine d'enfants, entourés du directeur de l'école et de leurs instituteurs, ainsi que de plusieurs parents d'élèves, ont ainsi pu vivre, de l'intérieur, l'ambiance si particulière du départ d'une Transat.

Après avoir collé dans la grand voile de Rackham le Rouge le dessin sélectionné à l'issue du concours, les enfants ont pu voir le bateau amarré au milieu des 89 autres concurrents et poser des questions à DAVID.

Le soutient apporté par les enfants de l'école LDM a été particulièrement remarqué par les autres skippers et par le public, les enfants reprennant tous en coeur "Le Tréport, avec DAVID, Le Tréport, avec DAVID" ! Il était impossible d'ignorer l'engagement des petis écoliers au côtés de notre skipper !

Lorsque une petite fille de l'école à remise à DAVID des photos qui avaient été prises lors du collage du dessin, DAVID a eu du mal à cacher son émotion et ces photos l'accompagneront jusqu'au Brésil.

Pendant toute la Transat, les enfants vont suivre la progression de DAVID sur l'Atlantique, avec des moments forts comme l'escale à Madère, puis le franchissement de la ligne mhytique (l'équateur, avec toutes les traditions qui s'y rattachent), puis l'arrivée dans la Baie de tous les Saints !

Après le retour de DAVID en France, il viendra à l'école LDM pour faire partager sa course, ses émotions aux enfants.

 

Eric

LE DEPART APPROCHE

Samedi  8 septembre 2007

La préparation se peaufine dans le bassin du village de la course, l'essai des voiles, l'ajout d'un panneau solaire, les contrôles de sécurité, les différentes réunions, tout ça fait en sorte que les journées sont courtes...

C'est comme ça pour tout le monde, le village ressemble à une fourmilière... Heureusement le soleil est au rendez-vous !

La pression monte tout doucement ...

A bientôt

David

ps : Bienvenue au petit Martin et félicitation à Christine et Nico